Bruxelles, 07/02/2001 (Agence Europe) - Le forum parlementaire euro-méditerranéen tiendra sa deuxième session les 8 et 9 février à Bruxelles, au Parlement européen avec la participation de 180 élus des 27 pays engagés dans le processus de Barcelone (les Quinze plus le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Egypte, la Jordanie, Israël, la Palestine, la Syrie, le Liban, la Turquie, Chypre et Malte). "L'expérience acquise depuis la Conférence de Barcelone (la réunion qui avait lancé, en novembre 1995, le processus au niveau ministériel: NDR) montre la nécessité de renforcer la dimension parlementaire de ce dialogue pour redonner un nouveau souffle au partenariat euro-méditerranéen", écrivent les co-présidents, Mme Nicole Fontaine et M. Abdelwahab Radhi, président de la Chambre des représentants du Maroc, dans leur lettre d'invitation aux diverses assemblées concernées (Parlement européen, parlements nationaux dans les Etats membres et dans les douze pays partenaires).
L'idée de créer un tel Forum a émergé dans le contexte des piétinements du processus de Barcelone et des différends qui avaient marqué les relations entre la Commission et le Parlement européen au sujet du fonctionnement des programmes MEDA (coopération financière) et MED (coopération décentralisée, gelée depuis cette époque). Les députés européens avaient aussi le sentiment de ne pas être suffisamment impliqués dans la gestion politique du processus euro-méditerranéen et ils ont, à plusieurs reprises, souhaité que le Forum en devienne une structure formelle permettant de développer un dialogue interparlementaire. L'initiative est encore au stade de l'amorce, en dépit des discussions nourries qui avaient eu lieu lors de la première session, les 27 et 28 octobre 1998 à Bruxelles, mais qui ont buté sur la question du règlement intérieur que la partie européenne voulait faire adopter par les parlementaires du PE et des douze pays tiers méditerranéens. Ces derniers avaient toutefois estimé prématuré d'être liés dès le début par des règles fixées dans un texte, préférant un mode de fonctionnement et de décision par consensus et donc à l'unanimité (et non par un vote à la majorité des deux-tiers comme proposé). Les organisateurs de la seconde rencontre, cette semaine, ont donc choisi de ne pas inscrire ce point à leur ordre du jour -en tout cas de ne pas prendre l'initiative de le mettre en exergue- afin d'éviter tout échec, d'autant plus que la session a lieu au lendemain des élections israéliennes dont l'issue pourrait affecter la sérénité des débats.
L'examen de la situation au Proche-Orient ne figure pas à l'ordre du jour, mais il n'est pas exclu que ce point soit ajouté. On sait que des délégations palestinienne et israélienne seront présentes, contrairement à celles de Syrie et du Liban. Ces deux pays persistent ainsi dans leur refus -confirmé lors de la 4ème session ministérielle en novembre dernier à Marseille- d'être aux côtés d'Israéliens. La Libye, invitée comme la Mauritanie à titre d'observateur, ne sera vraisemblablement pas non plus au rendez-vous.
Rappelons que plusieurs réunions préparatoires ont eu lieu depuis 1998, notamment les 7 et 8 mars 1999 à Palma de Majorque et du 22 au 24 mars 2000 à Alexandrie, au niveau des présidents des assemblées des vingt sept pays et avec la participation du président du Parlement européen. Elles ont permis de trancher un différend entre le PE et les parlements des Etats membres concernant la répartition des délégués européens admis (obligatoirement des élus et non, comme en ont déclaré l'intention les pays scandinaves et la Grande-Bretagne, des fonctionnaires), soit 45 membres pour le Parlement européen et 45 pour les parlements nationaux, face à 90 élus des pays partenaires.