Helsinki, 31/01/2001 (Agence Europe) - Le premier ministre suédois Göran Persson commence à recevoir les premières contributions des Etats membres à la préparation du Conseil européen de Stockholm des 23 et 24 mars, qui sera essentiellement consacré aux suites du Conseil européen des 23 et 24 mars 2000 à Lisbonne. Ainsi, le premier ministre finlandais Paavo Lipponen a écrit à M. Persson, en soulignant en particulier que le sommet de Stockholm "ne doit pas nécessairement aborder tout l'agenda de Lisbonne", mais se concentrer sur les activités qui, au niveau de l'UE, "apporteront une authentique valeur ajoutée" à l'amélioration de la compétitivité de l'Europe". Selon M. Lipponen, le prochain élargissement de l'UE est "un défi et une chance pour atteindre les objectifs de Lisbonne, et le sommet de Stockholm devrait donc "commencer à examiner comment l'élargissement est pris en compte dans plusieurs secteurs, et comment on pourrait utiliser pleinement son potentiel". Dans sa lettre, M. Lipponen insiste sur la nécessité de:
(1) garantir la viabilité des finances publiques dans une Europe vieillissante. Selon le premier ministre finlandais, le Pacte de stabilité et de croissance "ne garantit pas nécessairement, en lui-même, un développement équilibré des finances publiques, au fur et à mesure que les dépenses pour les retraites et les soins de santé augmentent avec le vieillissement de la population". Selon lui, donc, les conclusions de Stockholm devraient indiquer que: - il faudra établir un cadre commun mettant l'accent en particulier sur les défis de l'avenir, afin d'évaluer les politiques budgétaires nationales, et les programmes de stabilité actualisés des Etats membres devront tenir davantage compte de la charge que représente le vieillissement de la population; - les Grandes Orientations de Politique Economique (GOPE) devraient contenir davantage d'informations détaillées sur les réformes nécessaires pour maintenir l'équilibre budgétaire; - la synergie entre les GOPE et le suivi des lignes directrices sur l'emploi et les réformes structurelles doit être accrue.
(2) améliorer l'offre de main-d'oeuvre en levant les obstacles à la mobilité. Stockholm devrait donner mandat à la Commission d'examiner ces barrières, en tenant compte "des mesures visant à faciliter la mobilité des ressortissants de pays tiers résidant légalement dans l'UE".
(3) améliorer ultérieurement la compétitivité. En particulier, Stockholm devrait: - fixer un calendrier concret et des objectifs pour la poursuite de la libéralisation du secteur de l'énergie; - inclure dans ses conclusions des dispositions en vue de l'accélération des Plans d'action sur les services financiers et le capital à risque; - appuyer pleinement le travail de la Commission visant à améliorer l'environnement réglementaire.
(4) établir des priorités pour l'Europe. Les conclusions de Stockholm devraient notamment souligner: - un clair engagement sur l'adoption d'un paquet législatif sur les communications électroniques en 2001; -l'importance de la sécurité des données comme prémisse du développement du e-commerce.
(5) utiliser de manière équilibrée la "méthode ouverte de coordination" convenue à Lisbonne. Le succès de cette méthode exige qu'on évite "des procédures lourdes et bureaucratiques et de nouveaux processus, et que le développement de nouveaux indicateurs soit examiné attentivement.
(6) prendre à Stockholm la décision sur le siège de la future Autorité alimentaire européenne (Helsinki est parmi les candidats).
Initiative personnelle des ministres des Finances finlandais et espagnol
Par ailleurs, les ministres des Finances de Finlande Sauli Niinistö et d'Espagne Rodrigo Rato ont pris une initiative personnelle et conjointe, en écrivant au président du Conseil Ecofin Bosse Ringholm, et en affirmant que le Conseil Ecofin doit jouer un "rôle clé" dans la préparation du sommet de Stockholm.
Les deux ministres insistent en particulier sur: (a) le cadre macro-économique, en estimant que les perspectives et la politique macro-économiques dans l'UE, et dans la zone euro en particulier, "devraient être évaluées en temps utile avant que nous commencions à planifier nos budgets pour 2002". Simultanément, la procédure de surveillance devrait être développée; (b) les marchés des produits, en déclarant que le sommet de Stockholm devrait établir des calendriers ambitieux pour les priorités identifiées à Lisbonne, et que "la pleine liberté de choix des consommateurs sur les marchés de l'électricité et du gaz devrait être atteinte d'ici 2003"; (c) les marchés financiers, en estimant que le calendrier convenu à Lisbonne pour leur libéralisation pourrait s'avérer trop lent, et que la création de marchés intégrés des services financiers devrait être accélérée afin de parvenir à une pleine intégration d'ici 2004, alors que la création d'un marché européen du capital à risque devrait être réalisée avant la fin de 2002; (d) les marchés du travail, en insistant en particulier sur une plus grande transparence et sur une plus forte "pression des pairs" afin de régler le problème du chômage structurel.