Bruxelles, 31/01/2001 (Agence Europe) - Comme nous l'avions annoncé (voir EUROPE du 26 janvier, p.9), la Commission européenne a adopté, mercredi, l'avant-projet de budget rectificatif et supplémentaire (BRS) de 971 millions d'euros qui doivent servir à financer certaines mesures d'urgence prises dans le cadre de la lutte contre l'épidémie d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB): - abattage et incinération des bovins (700 millions d'euros); - intervention (238 millions); - cofinancement des tests de dépistage (33 millions).
Commentant cette décision, la Commissaire Michaele Schreyer a souligné que ce BRS entraîne, par rapport au budget 2000, une très forte augmentation (7,44%) des dépenses agricoles et de l'ensemble du budget communautaire (4,3%) alors que les ministres des Finances avaient décidé l'an dernier que l'augmentation du budget général ne devait pas dépasser 3,5%. Elle a indiqué que le Conseil Ecofin examinera ce BRS, le 12 février prochain. Mme Schreyer a expliqué que ces 971 millions d'euros proviendront des reliquats du budget pour l'an 2000 et que les Etats membres n'auront pas à fournir de contribution supplémentaire au budget 2001. "Le plafond de Berlin a été confirmé lors du Sommet de Nice et aucune révision des perspectives financières n'est actuellement envisageable", a-t-elle rappelé en estimant que "la marge budgétaire agricole est épuisée". Mme Schreyer a insisté sur ce dernier point. Répondant à une journaliste, elle a cependant reconnu que la marge de manoeuvre pour les dépenses agricoles était de 1,2 milliard d'euros et qu'il subsiste, après déduction de ce BRS, un montant d'environ 260 millions d'euros. A cette somme s'ajoute un volume de 245 millions d'euros provenant des crédits destinés aux dépenses de marché (ce montant résulte de la différence entre le taux de change réel de l'euro par rapport au dollar et le taux de référence utilisé initialement pour le calcul des dépenses de marché: NDR), soit au total environ 505 millions d'euros. Pour Mme Schreyer, l'appréciation actuelle de l'euro rend cette marge parfaitement "virtuelle". "Si de nouveaux besoins se présentent dans le cadre de la crise de l'ESB, les mesures devront être financées sur des économies réalisées ailleurs dans le budget agricole", a dit la Commissaire en excluant tout transfert de crédits à partir d'autres postes du budget. Elle a souligné que les autres politiques n'ont pas bénéficié d'une augmentation supérieure à 1% par rapport à l'an 2000 alors que le budget agricole qui consomme à lui seul près de 50% du budget général a progressé de 7%. Les dépenses consacrées à la viande bovine (7 milliards d'euros) ont à elles seules augmenté de plus de 50%, a-t-elle ajouté. Mme Schreyer a dit que le Commissaire Franz Fischler, chargé de l'agriculture, devrait dès à présent rechercher des solutions pour éviter une aggravation de la crise (elle a cité des mesures visant à: - réduire la production, - freiner l'intervention; - verser les primes aux bovins plus tôt afin de ne pas promouvoir leur engraissement).