Bruxelles, 05/01/2001 (Agence Europe) - Le Bureau européen de l'environnement (BEE) et la Fédération européenne pour l'environnement et le transport (T&E) pressent la Commission d'agir pour réduire la pollution du bruit en Europe. Dans un communiqué, les deux organisations de défense de l'environnement rappellent qu'elles avaient, en juillet dernier, salué la proposition de directive qui vise à instaurer dans l'Union des méthodes harmonisées d'évaluation et de gestion du bruit ambiant, tout en regrettant l'absence de dispositions fixant des objectifs environnementaux qui, selon elles, " font déjà si cruellement défaut". Satisfaites que le Conseil soit parvenu à une "position commune "sur le texte, le BEE et T&E se disent très déçus que les amendements du Parlement visant à établir des objectifs de qualité et à mettre au point des mesures pour les atteindre n'aient pas été retenus. "Des études montrent que le bruit est la doléance numéro 1 des citoyens et que les plaintes à ce sujet vont croissant. Nous devons fixer dès à présent des normes qualitatives de bruit pour éviter que les évolutions futures n'aggravent un problème déjà sérieux et garantir des conditions équitables en Europe", déclare John Hontelez, secrétaire général du BEE.
Les amendements que les deux organisations jugent essentiels pour étendre la portée de la directive visent à: - adapter la directive à une directive cadre et à ses "directives filles" qui suivraient dans les dix-huit mois pour établir les normes de qualité, étant entendu que la Commission proposerait aussi des limites d'émissions pour certaines sources de bruit, en tant qu'élément de cette approche combinée; - introduire un indicateur Lmax pour mesurer l'exposition maximum au bruit; - exiger des Etats membres qu'ils établissent de cartes du bruit et des plans d'action en cas de plaintes sérieuses à propos du bruit; - imposer aux personnes ou entités responsables de sources significatives de bruit de mettre en œuvre des plans d'action; - améliorer l'accès du public à une information claire et compréhensible.
Considérant que ces amendements sont très importants pour la protection de la santé publique, le BEE et T&E déplorent que le Parlement ait en revanche manqué l'opportunité de fixer des limites d'émissions du bruit aux abords des aéroports, et ce d'autant que ce bruit ira croissant avec l'expansion que connaît l'industrie aéronautique. Le BBE et T&E regrettent également que le Conseil ait affaibli la proposition initiale de la Commission en introduisant une certaine flexibilité dans le calcul de l'indicateur Lden (indicateur de gêne sonore pendant le jour, le soir et la nuit), flexibilité qu'ils jugent contraire à l'objectif d'harmonisation des méthodes de mesure poursuivi par la directive. Aussi, les organisations invitent-elles le Parlement à confirmer ses amendements en deuxième lecture, et la Présidence suédoise du Conseil à en tenir compte. (A propos du vote en première lecture du rapport d'Alexander de Roo, voir EUROPE du 16 décembre, p.12).