Bruxelles, 05/01/2001 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse qu'ils ont tenue, vendredi à Bruxelles, deux sénateurs belges, Alain Destexhe et Vincent Van Quickenborne, ont présenté leur "Livre noir du Berlaymont" dans lequel ils dénoncent le gouffre financier que représente la rénovation de ce bâtiment qui abritait jusqu'en 1991 le siège de la Commission européenne. Ils constatent que la note n'a jamais cessé de s'alourdir, passant d'un peu plus de 4 milliards de francs belges à cinq fois ce montant. En ajoutant à cette somme les frais annexes, liés notamment au relogement des fonctionnaires européens, et sans tenir compte du fait que la Commission devrait prendre en charge une partie de ses frais ainsi que les travaux de rénovation proprement dits, la facture atteindrait le chiffre de 45 milliards de francs belges, soit environ 1,125 milliard d'euros. Le coût du seul désamiantage serait passé d'une prévision initiale de 1,4 milliard de francs belges à pas moins de 5 milliards. Le chantier a par ailleurs fait l'objet de nombreux retards également très coûteux. La livraison du bâtiment qui aurait dû intervenir en l'an 2000 a d'abord été repoussée au deuxième semestre 2001, et aurait ainsi pu coïncider avec la Présidence belge de l'UE; selon toute vraisemblance, elle ne devrait cependant pas intervenir avant 2003. Les deux sénateurs s'interrogent sur la responsabilité de l'entreprise mixte SA Berlaymont 2000 (détenue à 70% par l'Etat belge et 30% par des banques privées) qui gère le chantier, et ont évoqué la possibilité de mettre en place une commission parlementaire d'enquête pour faire toute la lumière sur ce dossier.
Le porte-parole de la Commission européenne a confirmé que l'institution partage la même préoccupation en ce qui concerne la durée du chantier et la dérive des coûts. Il a rappelé que la Commission avait décidé au début du mois de décembre dernier de lancer un audit approfondi de l'opération, sur laquelle elle n'a pas de prise directe (voir aussi EUROPE du 7 décembre, p.14). Les cabinets Ernst & Young et Coalpa ont été chargés de réaliser une analyse technique et financière: les résultats sont attendus pour la fin janvier.