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Bulletin Quotidien Europe N° 7875
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/balkans/uranium

Le COPSi discute le 9 janvier du "syndrome des Balkans" et de la création d'un groupe de travail sur les questions de santé

Bruxelles/Rome, 05/01/2001 (Agence Europe) - Le Comité politique et de sécurité intérimaire (COPSi) de l'Union européenne discutera le mardi 9 janvier à Bruxelles du "syndrome des Balkans" - les graves problèmes rencontrés par des militaires de plusieurs Etats membres qui ont participé à des opérations de maintien de la paix en ex-Yougoslavie depuis l992, problèmes qui ont provoqué de nombreux décès et qui sont imputés à l'utilisation d'uranium appauvri dans certaines de ces opérations.

Suite à l'initiative du ministre belge de la Défense André Flahaut, qui avait demandé à la Présidence suédoise du Conseil de traiter l'affaire au niveau de l'UE (voir EUROPE du 30 décembre, p.4), le ministre suédois de la Défense Björn von Sydow a déclaré: "C'est important que nous agissions. Je salue une discussion sur la proposition belge de mettre en place au sein de l'UE un groupe de travail médical" qui examinerait ces questions. Un tel groupe de travail devrait comprendre les responsables des services médicaux militaires des Etats membres, a dit M.von Sydow.

Par ailleurs, le ministre suédois de la Défense a précisé que: - l'ambassadeur suédois auprès de l'Otan, Anders Oljelund, a été chargé de consulter l'Alliance atlantique; - la Présidence suédoise restera en contact étroit avec la Commission européenne au sujet des développements de cette affaire.

Le porte-parole de la Commission européenne, interrogé vendredi sur les propos de Romano Prodi, qui avait souligné les responsabilités de l'UE vis-à-vis des Balkans (voir EUROPE d'hier, p.3), a précisé qu'il s'agissait de déclarations politiques, qui n'ont pas besoin d'une "base juridique" pour être prononcées. S'il s'avère que l'utilisation d'uranium appauvri dans les Balkans a des effets cancérigènes, la Commission dans son ensemble aura la même position que son président, a estimé le porte-parole, en soulignant que la Commission est "bien installée dans les Balkans", où elle oeuvre aussi pour la protection de l'environnement. En outre, il a rappelé que, en ce qui concerne la protection contre les radiations, la Commission peut demander l'avis d'un comité scientifique et technique, au titre de l'Article 31 du Traité Euratom.

Ce vendredi, dans une interview au quotidien la Repubblica, l'amiral Guido Venturoni, président du Comité militaire de l'Otan, interrogé sur la demande d'informations présentée à l'Alliance atlantique par l'Italie, a affirmé: "Evidemment, l'Otan répondra". En même temps, il a ajouté qu'"il faudra du temps pour reconstruire toutes les missions de vol et les endroits géographiques intéressés, vérifier les rapports sur les vols et les munitions utilisées". (Les informations sur l'utilisation d'uranium appauvri au Kosovo sont plus faciles à rassembler que celles sur la Bosnie, puisqu'il y a déjà une enquête de l'Onu: NDR). Cela dit, l'amiral Venturoni a noté que "le pourquoi de ces morts, nous devrons le comprendre des médecins", et que toute la littérature scientifique et "les analyses effectuées par l'Otan et par ses membres ne disent qu'une chose: les munitions à l'uranium appauvri ne présentent pas de risques différents des autres".

Quant à André Flahaut, il a dit à l'agence Belga que, "s'il apparaît, après des études scientifiques, qu'il existe un lien entre l'utilisation de ces armes et les symptômes dont souffrent des soldats, il faudra, politiquement, prendre une position sur leur emploi".

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