Paris, 19/10/2000 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, réuni ce jeudi à Paris, en présence du président de l'Eurogroupe Laurent Fabius et du commissaire Pedro Solbes, a décidé de maintenir ses taux inchangés. Ainsi, son taux de soumission minimal appliqué aux principales opérations de refinancement reste fixé à 4,75%, alors que les taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeurent inchangés, à respectivement 5,75% et 3,75%.
Après cette décision, l'euro est resté stable, à 0,8433 USD, alors que cette semaine il était à nouveau tombé, après l'entretien de lundi au "Times" dans lequel le président de la BCE Wim Duisenberg, à la question de savoir si une intervention sur les marchés de change était probable en cette période de tension au Proche-Orient, avait répondu: "Je ne le pense pas". Ce jeudi, dans sa conférence de presse à Paris, M.Duisenberg a répondu "non" à des journalistes qui voulaient savoir si, suite à cette gaffe, on lui avait conseillé de démissionner. "J'ai tiré mes conclusions et j'accepte les conseils qui m'ont été donnés", a-t-il ajouté, en indiquant qu'il continuera à "communiquer à l'avenir", par des discours, des articles, par le bulletin mensuel de la BCE et par de "nouvelles interviews". L'arme de l'intervention sur les marchés des changes "reste dans notre boîte à outil", a-t-il affirmé. Quant au gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, il a dit à la presse que le Conseil des gouverneurs avait été "chaleureusement uni" derrière son président.
Devant la presse, Wim Duisenberg, a par ailleurs constaté que les évolutions récentes des prix de l'énergie ont eu une forte incidence sur les taux d'inflation (2,8% en septembre par rapport à 2,3/% en août) et que "les derniers événements confortent le message sur lequel nous avons insisté le 5 octobre", à savoir que la politique monétaire doit veiller en permanence au maintien de la stabilité des prix. Et il a voulu, "au-delà des commentaires concernant les dernières évolutions", faire un bilan des vingt-deux premiers mois de l'Union monétaire, qui, selon lui, "ont été une réussite". En effet, il a souligné que la croissance du PIB réel a dépassé 3,5% pendant les quatre derniers trimestres, et que l'emploi a progressé alors que le chômage reculait "sensiblement", tout en admettant que "la valeur externe de l'euro contraste fortement avec cette situation favorable". "Dans le cadre de son mandat et conformément à sa stratégie prospective, le Conseil des gouverneurs veillera à ce que la stabilité des prix soit maintenue à moyen terme (...) au cours de la période à venir, des mesures appropriées et énergiques devront être prises pour faire face à un certain nombre de défis (...) La politique monétaire veillera à ce que les risques résultant de l'évolution des prix à l'importation n'engendrent pas des tendances inflationnistes plus durables", a-t-il conclu.