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Bulletin Quotidien Europe N° 7799
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/autriche

Tirons les leçons de l'affaire des sanctions, dit le Représentant permanent Gregor Woschnagg -REACTIONS AU PE

Bruxelles, 14/09/2000 (Agence Europe) - Après la levée des sanctions bilatérales contre l'Autriche, notre travail ici sera facilité, même si pendant cette période j'ai toujours été traité correctement et la machine communautaire a continué à fonctionner, a affirmé jeudi devant quelques journalistes le Représentant permanent de l'Autriche auprès de l'Union européenne, l'ambassadeur Gregor Woschnagg. Cette crise a été une sorte d'"éducation européenne", a-t-il dit (en français), en ajoutant: non seulement pour nous, mais pour toute l'Union, car elle a montré les "limites" de ce type d'action. En effet, a-t-il estimé, "nous avons appris que de telles procédures" devraient se dérouler "à l'intérieur de l'UE " et pas en dehors, qu'il faudrait se placer sur un terrain "juridique" et que le "simple risque de violation" des valeurs de l'UE par un Etat membre ne saurait entraîner des sanctions.

L'ambassadeur Woschnagg a rappelé que le Groupe préparatoire de la CIG présidé par Pierre Vimont a discuté lundi dernier au sujet d'une éventuelle modification de l'Article 7 du Traité sur la ligne à suivre en cas de violation des valeurs communes (voir EUROPE du 13 septembre, p.3, et du 14 septembre, p.4), sans pouvoir, à ce stade, prédire les chances qu'une telle modification soit approuvée à Nice. Gregor Woschnagg a noté que la proposition à ce sujet faite par la Belgique à la CIG (voir EUROPE du 6 mai, p.3) a paru à certains "trop vague" , et celle faite par l'Autriche (voir EUROPE des 5/6 juin, p.5) "trop juridique". M.Woschnagg, qui a rappelé que la proposition autrichienne prévoit en particulier un rôle pour le Parlement européen et la Cour de Justice, a indiqué que la Commission européenne envisage de faire elle-même une proposition à ce sujet, peut-être en octobre (rappelons que le commissaire chargé des questions institutionnelles, Michel Barnier, avait été le premier à évoquer publiquement l'opportunité de soulever à la CIG le problème des Articles 6 et 7 du Traité).

Par ailleurs, M.Woschnagg a souligné que la République tchèque, le seul pays candidat à s'être joint aux sanctions bilatérales des Quatorze, a levé ces sanctions. Ceci pourrait avoir en particulier des retombées positives sur la controverse au sujet de la centrale nucléaire de Temelin , au sujet de laquelle l'Autriche avait recherché un contact avec les autorités tchèques, qui l'avaient jusqu'ici refusé.

Au Parlement européen le président du groupe du PPE, Hans-Gert Pöttering, a salué la levée des sanctions, en affirmant que celles-ci avaient eu des "effets négatifs, particulièrement chez les plus petits Etats membres, comme le Danemark, et chez les pays candidats". Les sanctions bilatérales contre un Etat membre de l'Union "sont dépourvues de toute base légale", a-t-il estimé, en ajoutant que le rapport sur l'ÖVP rédigé au nom du Parti Populaire Européen par trois membres du groupe du PPE - Gerardo Galeote, Hartmut Nassauer et Wim Van Velzen - "portait déjà en lui la solution", en constatant que le gouvernement autrichien était "totalement engagé par son programme et par une série de mesures en faveur des minorités et des immigrants", et en proposant des mécanismes pour prévenir et sanctionner toute violation des principes fondamentaux de l'Union, conformément à l'Article 7 du Traité. Quant à Daniela Raschhofer, élue européenne du FPÖ, elle a reproché aux autres Etats membres de ne pas avoir eu la "grandeur d'admettre leurs propres erreurs". Il faudra un certain temps avant qu'on puisse rétablir la confiance qui s'impose entre Etats membres, estime-t-elle, en ajoutant que ceci donnera à réfléchir aux petits Etats membres, dans la perspective de la révision du Traité. "Le Directoire des Grands, qui est devenu visible surtout à travers le rôle de la France au cours des derniers mois, exigera certainement une grande vigilance à l'avenir", affirme Mme Raschhofer.

Le travailliste britannique Richard Corbett, en revanche, a lancé un appel à la vigilance face au FPÖ. Un examen du programme de ce parti montre clairement qu'il ne partage pas les mêmes valeurs européennes fondamentales que nous", affirme M.Corbett en citant à l'appui de ces dires plusieurs passages du programme du FPÖ qui sont pour lui autant d'exemples de "l'extrémisme de Haider". Il y relève en particulier: - une totale opposition à l'immigration; - le rejet du multiculturalisme; - des encouragements au Süd-Tyrol à faire sécession de l'Italie et à rejoindre l'Autriche; - une interprétation réductrice du droit d'asile; - l'affirmation de l'appartenance de l'immense majorité des Autrichiens à la "nation allemande" (Volksgruppe) et de la nécessité de protéger ce groupe ethnique face aux dérives assimilationnistes.

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