Bruxelles, 22/06/2000 (Agence Europe) - Le Commissaire Frits Bolkestein, responsable du Marché intérieur, a fait face aux critiques suscitées par sa proposition de directive pour accélérer la libéralisation des services postaux. A l'occasion d'une présentation devant la Commission pour les affaires régionales, le transport et le tourisme du Parlement européen, il a déclaré que "l'industrie postale est au cœur du développement des communications européennes et, comme les autres parties de ces marchés, elle doit se moderniser et être compétitive, sous peine de menacer son avenir et l'emploi qu'elle génère ". Après avoir exposé le dispositif de la proposition, il a commenté deux aspects soulevés par ses opposants, liés à l'emploi et au service universel. Il estime que l'emploi n'est pas un but en soi du secteur de la poste; l'objectif est "de rencontrer les besoins du consommateur, à travers lesquels un niveau élevé d'emploi peut ensuite être soutenu". Si rien n'est fait pour adapter ces services aux nouvelles données technologiques et aux nouveaux besoins, l'emploi risque de s'éroder sans être remplacé. Quant au service universel, il rejette les craintes formulées, notamment par la France, de le voir dilué dans la libéralisation. Il assure que, pour la Commission, les services postaux situés dans les zones rurales sont absolument justifiés, et que la directive de 1997 laisse les Etats entièrement libres de les organiser. D'une part, ces derniers peuvent imposer le service universel comme condition aux licences qu'ils octroient, et, d'autre part, ils bénéficient d'une réserve de 50 % des revenus postaux qui peuvent être utilisés pour financer ce service. En définitive, pour Frits Bolkestein, cette proposition de directive n'est pas un changement radical, mais, par son approche "étape par étape", c'est " un acte équilibré entre le besoin de changement et le temps nécessaire pour provoquer ce changement".