Bruxelles, 08/06/2000 (Agence Europe) - Depuis quelques jours, les déclarations se multiplient au Royaume-Uni pour contester une possible intégration de la future Charte des droits fondamentaux dans le Traité. Son éventuel caractère contraignant inquiète une grande partie du personnel politique, qui y voit une nouvelle immixtion dans les affaires intérieures et n'apprécie pas l'évolution vers une constitution qu'elle préfigure, mais aussi du monde des affaires qui craint un renforcement dérivé des règles relative aux droits sociaux et économiques.
Dans une lettre publiée par le "Daily Telegraph", le ministre britannique pour l'Europe, Keith Vaz, estime que la Charte doit avoir pour objet "d'aider les institutions de l'UE à respecter les droits fondamentaux dans leurs activités quotidiennes sans pour autant emprisonner les systèmes judiciaires nationaux dans un super Etat européen". Le représentant du Premier ministre britannique au sein de la Convention, Lord Goldsmith, a par ailleurs affirmé que le Royaume-Uni a été très clair sur le fait que la Charte devrait consister en "une déclaration reprenant les droits déjà reconnus et non un complément juridiquement contraignant ajouté au Traité". Quant à Francis Maude, porte-parole des conservateurs britanniques pour la politique étrangère, il a dit que, si la Charte est intégrée dans le Traité, il s'agira du "transfert de pouvoir le plus poussé que l'on ait connu jusqu'ici de législatures nationales élues à des juges européens non élus".