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Bulletin Quotidien Europe N° 7734
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/presidence francaise

Le fil conducteur de la Présidence sera le souci de donner davantage de cohérence au dispositif communautaire, dit Pierre Vimont - La CIG devra déboucher sur des décisions nécessaires pour le court terme, mais sans oublier le long terme - Renforcement de l'Euro11, "bientôt Euro 12" - Charte des droits: importance des droits économiques et sociaux

Bruxelles, 08/06/2000 (Agence Europe) - En présentant le 8 juin les priorités et défis de la Présidence française du Conseil de l'UE, lors d'un petit-déjeuner débat organisé par The European Policy Centre , le Représentant permanent français, Pierre Vimont, a souligné les limites des marges de manoeuvre de chaque présidence et le nombre d'obligations découlant des présidences précédentes. Pour la Présidence française, il s'agira en particulier de parvenir à des conclusions sur la CIG, la Charte des droits fondamentaux, la Politique européenne de sécurité et défense, de faire avancer les négociations d'élargissement et aussi d'assurer le suivi des sommets de Tampere et Lisbonne (Agenda social européen, recherche, société de l'information), a rappelé M. Vimont, qui a par ailleurs cité des "priorités régionales évidentes" dans les relations extérieures, à savoir: - l'Asie: à propos du troisième sommet de l'Asem, prévu à Séoul, il a constaté qu'on a souvent le sentiment que, après avoir lancé de bonnes initiatives, des processus comme celui-ci se bureaucratisent et s'alourdissent, et qu'il faut donc essayer d'être plus concrets, peut-être en établissant une "road map"; - la Méditerranée: un sommet euro-méditerranéen devrait suivre la ministérielle "Barcelone 4" , en novembre à Marseille, a-t-il rappelé; - les pays de l'ex-Yougoslavie: le projet d'un sommet lancé par Jacques Chirac est "en train d'être mis en place", a indiqué l'ambassadeur, en précisant que le but est de montrer aux pays de la région que "l'Europe tient parole" lorsqu'elle constate sur place "les évolutions que nous souhaitons". Les dirigeants français se sont aussi efforcés, en présentant le programme de la présidence, de mettre l'accent sur des sujets plus proches du citoyen, a rappelé M.Vimont, en citant la santé publique, la sécurité alimentaire, les OGM, la sécurité des transports (en particulier après la naufrage d'Erika), la culture (nouveau programme MEDIA), l'éducation (au-delà d'Erasmus, il s'agira de faciliter la mobilité des étudiants et d'entamer "peut-être un début de coordination" des diplômes) et aussi le sport. Au sujet de l'UEM, M. Vimont a dit qu'il faudra voir "comment renforcer l'Euro 11, demain Euro 12" et montrer, sans remettre en cause l'indépendance de la Banque Centrale Européenne, qu'"il y a un pilote dans l'avion", et que, avec la Commission européenne, les pays de l'euro "sont présents, pour faire avancer la monnaie unique".

Quant au "fil conducteur" de l'action de cette présidence, M. Vimont a dit qu'il faudra réfléchir à la question de la cohérence, du "manque d'unité du dispositif communautaire" dans une Europe qui a vu ses champs d'intervention s'agrandir sans cesse: le "système communautaire cherche un nouvel équilibre", et le problème touche toutes les institutions, a-t-il estimé, en notant qu'on peut le constater, par exemple, dans le document de M. Patten sur les relations extérieures (voir EUROPE d'hier, p.6). Le débat est passionnant, car il pose la question fondamentale de savoir si les priorités en matières de relations extérieures sont les bonnes, a affirmé M. Vimont. Un défi pour la Présidence française, selon lui, consistera à organiser des "débats politiques intéressants", peut-être grâce à une "nouvelle méthode de travail", afin que les ministres des Affaires étrangères jouent vraiment leur rôle (et viennent au Conseil). En répondant à une question sur le suivi du sommet de Lisbonne, M. Vimont a remarqué que ce sommet, qui était une "grande réussite", avait été préparé largement en dehors du cadre communautaire, et que la Présidence française essayera de ramener son suivi dans ce cadre, afin que le dispositif communautaire prenne toute sa place (il a évoqué en particulier le rôle de la Commission européenne). Par ailleurs, parmi les priorités du semestre, M. Vimont a cité:

- la CIG. Il serait faux de croire qu'une nouvelle présidence puisse, à partir du dossier qu'elle a hérité, changer complètement de direction, a averti M. Vimont, tout en soulignant, à propos du débat sur l'avenir de l'Europe relancé par le discours de Joschka Fischer, qu'il faudra que la Conférence intergouvernementale parvienne, si possible à Nice, à des conclusions pour le court terme, "mais en ayant l'esprit ouvert sur le long terme" (la réaction française à ce discours, contrairement à ce qu'on a dit, a été "tout à fait positive", a-t-il remarqué). La France et l'Allemagne essaient de définir un certain nombre de positions communes sur la CIG, mais, en particulier sur la question de la pondération des voix au Conseil, il n'y a pas encore accord, a-t-il ajouté en répondant à des questions. (Rappelons que Pierre Vimont avait dit à la commission constitutionnelle du PE que la Présidence française allait sans doute prendre des initiatives afin d'intensifier le travail de la CIG au niveau ministériel: voir EUROPE du 19 avril, p.3).

- la Charte des droits fondamentaux. La Convention "travaille bien, vite", sur ce texte qui devrait contribuer à "réconcilier les citoyens" avec l'Europe, a estimé M.Vimont, en rappelant qu'un projet de Charte devrait être présenté au sommet de Biarritz des 13 et 14 octobre, avant d'être adopté par le sommet des 8 et 9 décembre à Nice. Mais des divergences existent en particulier en ce qui concerne les droits économiques et sociaux (la France, qui y est très attachée, craint que le contenu de la Charte à ce sujet soit "un peu pauvre") et sur l'insertion ou non de la Charte dans le Traité, a-t-il reconnu, en se demandant si on ne laissera pas pour l'instant le problème "de côté", pour le reprendre plus tard, lors d'un débat sur une Constitution européenne.

- la Politique européenne de sécurité et de défense. Sous présidence française, "on se posera les questions qui font mal", et notamment celle de savoir comment, dans le cadre des ressources nationales existantes, les Etats membres pourront dégager des forces à affecter aux futures missions de l'UE. En même temps, a signalé M. Vimont, une réflexion est en cours, en liaison avec la Commission, au sujet du soutien que l'industrie européenne de l'armement pourrait donner à ce projet.

- l'élargissement. M. Vimont a dit, en ce qui concerne le "Groupe d'Helsinki", les pays candidats avec qui on a ouvert en moyenne entre 5 et 8 chapitres de la négociation, que ce sera une bonne chose "si on peut doubler la mise, ou même plus". Quant au "Groupe de Luxembourg", les pays candidats qui ont de 10 à 15 chapitres sur 30 encore ouverts, il s'agira d'essayer d'aller le plus loin possible, et de définir les grands problèmes qui restent, afin que la Présidence suédoise puisse entrer dans une nouvelle phase qui "commencera à être décisive". C'est seulement lorsque ce travail sera accompli qu'on pourra "définir en commun une date" pour les premières adhésions, a estimé M. Vimont.

Autriche: la position française n'a pas évolué, constate M. Vimont

Interrogé sur les sanctions des Quatorze contre l'Autriche, M. Vimont a rappelé que ces sanctions sont bilatérales et que des "échanges permanents" à ce sujet ont lieu entre les capitales, mais que la Présidence portugaise "n'a pas prévu qu'on en parle dans le cadre communautaire". Mon sentiment personnel est qu'il est "assez probable que la situation actuelle durera encore un moment", a-t-il ajouté, en notant que la position française n'a pas évolué. Sur le plan communautaire, la Présidence française se comportera "exactement comme la Présidence portugaise", et il n'y aura donc "aucune discrimination "contre l'Autriche dans les instances communautaires, a-t-il assuré.

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