Bruxelles, 02/06/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a reporté (en principe, à mercredi prochain 7 juin) l'approbation de sa proposition au Conseil concernant la réforme de l'organisation commune du marché du riz. Il était d'abord prévu que le projet élaboré sous la responsabilité du commissaire à l'agriculture Franz Fischler soit adopté le 30 mai, mais plusieurs commissaires ont estimé qu'un véritable débat du collège était nécessaire, compte tenu de la portée de la réforme envisagée. Ce débat ne pouvait pas avoir lieu cette semaine-ci car M.Fischler participait à la réunion informelle du Conseil Agriculture (voir les résultats dans EUROPE du 31 mai p.13); c'est la raison du report.
La réforme préparée a un caractère assez révolutionnaire, dans le sens qu'elle prévoit la suppression du mécanisme de l'intervention (par lequel l'UE accepte et garde en stock les excédents), remplacée par une augmentation de l'aide aux producteurs et de la protection externe. L'objectif est évident: au lieu de consommer de plus en plus de riz importé et de stocker à grands frais des quantités croissantes de riz communautaire, il est préférable de consommer ce dernier et de diminuer les importations. L'objectif n'est évidemment pas contesté, mais les difficultés sont nombreuses. En particulier: a) la variété de riz produite dans l'UE est moins demandée par les consommateurs, et le consommateur doit avoir évidemment le libre choix; b) l'augmentation de la protection doit être négociée dans le cadre de l'OMC; c) l'augmentation des aides telle que prévue par M.Fischler est considérée comme insuffisante par les pays communautaires producteurs (Italie, Espagne, Portugal, Grèce), pour compenser la suppression de l'intervention; d) la France craint que la suppression de l'intervention puisse constituer un précédent pour d'autres céréales.
Plusieurs commissaires estiment que les éléments cités justifient un débat en Commission. Mais l'on estime généralement qu'une majorité en faveur du projet Fischler existe au sein du collège, compte tenu en particulier de l'aspect budgétaire du dossier (selon les services de la Commission, à défaut de réforme, les stocks continueraient à augmenter de 100.000 à 150.000 tonnes par an, avec un coût évalué à 14 millions d'euros pour chaque tranche de 100.000 tonnes).