Bruxelles, 30/05/2000 (Agence Europe) - Changer les mentalités européennes pour amener l'Europe dans le domaine de l'innovation et des nouvelles technologies au même niveau que celui des Etats-Unis d'ici 2005; achever le marché unique et la libéralisation des services financiers d'ici 2003 (au plus tard 2005); supprimer les obstacles à l'innovation et à l'entrée sur les marchés d'ici 2003; revoir les réglementations qui allongent les délais de mise sur le marché, créent des insécurités ou augmentent les coûts d'élaboration des produits, surtout dans le domaine de la biotechnologie, d'ici 2003; adopter le brevet communautaire d'ici 2001 (les coûts des brevets sont jusqu'à 15 fois plus élevés dans l'UE qu'aux Etats-Unis): telles sont les principales recommandations formulées à l'attention des gouvernements des Etats membres par le patronat européen (Unice) pour combler le retard qui existe entre l'Union européenne, le Japon et les Etats-Unis en matière d'innovation. Ces recommandations sont reprises dans le troisième rapport d'étalonnage 2000 intitulé "Stimuler la créativité et l'innovation en Europe" (le premier avait été consacré à la compétitivité, le second à l'entrepreneuriat), dont le président de l'Unice le Baron Georges Jacobs avait déjà donné un "avant-goût" à la presse il y a une quinzaine de jours (voir EUROPE du 11 mai p.16).
Ce rapport mesure les performances des Etats membres de l'UE, des Etats-Unis et du Japon, et révèle un retard considérable d'innovation en Europe: les entreprises européennes sont plus lentes à pénétrer de nouveaux marchés et à commercialiser de nouveaux produits. Ce déficit d'innovation contribue au retard de l'Europe en termes de compétitivité, de niveaux de vie, de prospérité économique et d'emploi. Pour améliorer la situation, le rapport propose un ensemble de recommandations en relation avec les conclusions du Sommet de Lisbonne, en vue d'actions urgentes de tous les décideurs et entrepreneurs européens.
Herbert Steinwender, président de la Task Force (composée des représentants des fédérations membres de l'Unice de 18 pays européens) qui a préparé ce troisième rapport, a expliqué à la presse que ce document se focalisait sur cinq conditions qui déterminent la capacité des entreprises à innover, à savoir qu'il faut: - que les citoyens européens adoptent une attitude plus positive envers la prise de risques, l'entreprise et les nouvelles technologies, et s'adaptent plus rapidement aux nouveaux services et produits (8,5% des adultes aux Etats-Unis ont participé au lancement d'une jeune entreprise, contre 1,6% au Japon et 2,4% dans l'UE); - de bonnes conditions de marché; - développement et diffusion maximaux des nouvelles technologies et idées; - un personnel qualifié en la matière; - un accès facile au capital-risque.
Les universités et les instituts de recherche doivent créer et propager plus efficacement la nouvelle connaissance afin qu'il y ait suffisamment de personnes qualifiées en matière de création, d'innovation et d'entrepreneuriat. Les entreprises basées en Europe ont aussi un rôle important à jouer: elles doivent créer des cultures d'entreprise qui promeuvent la créativité et l'innovation et qui permettent de mieux développer des nouveaux produits et marchés. Herbert Steinwender a noté qu'aux Etats-Unis, 34,9% des personnes entre 25 et 64 ans sont titulaires d'un diplôme de 3ème cycle contre 30,4% au Japon et 22% dans l'UE. A son avis, le niveau élevé des taxations de "stocks options" est décourageant en Europe.
Commentant ce nouveau rapport, le président de l'Unice Georges Jacobs a insisté une nouvelle fois sur le lien entre les conclusions du Sommet de Lisbonne ("avec lesquelles l'Unice est en total accord"), l'European Business Summit des 9 et 10 juin prochains ("qui permettra aux décideurs politiques européens et nationaux de dialoguer avec les hommes d'affaires") et ce troisième rapport d'étalonnage de l'Unice ("qui formule des recommandations pour combler le fossé entre l'Europe et les Etats-Unis en matière d'innovation"). Ce rapport sera utilisé "comme un outil de travail dans de nombreuses enceintes", car l'UE risque de perdre encore du terrain si les gouvernements et les entreprises ne prennent pas rapidement les mesures qui s'imposent pour stimuler l'innovation en Europe".