Bruxelles, 16/05/2000 (Agence Europe) - Le commissaire européen à la concurrence, Mario Monti, et le secrétaire général de la Confédération des syndicats européens, Emilio Gabaglio, ont exploré lundi lors d'un entretien informel, les moyens d'améliorer la consultation des employés lors des fusions entre entreprises. Stimulés par la mobilisation des syndicats européens et américains autour des fusions MCI/WorldCom /Sprint, les syndicats souhaiteraient être impliqués plus systématiquement dans les procédures d'examen des concentrations (voir EUROPE du 21 avril p.13-14). Le commissaire Monti a remarqué que le règlement "fusion" ne prévoit pas explicitement de consultation des syndicats; toutefois, a-t-il rappelé, les travailleurs ont la possibilité de se manifester après la publication des notifications de concentration au Journal Officiel. "Le rôle assigné à la Commission par les Traités est uniquement de contrôler s'il n'y a pas de risque de position dominante. Elle ne pourrait pas bloquer une fusion parce qu'il y aurait licenciement", a expliqué la porte-parole Amelia Torres. En revanche, le projet de directive sur les offres publiques d'achat (OPA), qui est resté longtemps bloqué au Conseil à cause du différend sur Gibraltar entre le Royaume-Uni et l'Espagne, prévoit une consultation des travailleurs en cas de fusion, rappelle la porte-parole.
Mario Monti et Emilio Gabaglio sont convenus de poursuivre leur dialogue à ce sujet.
Commentant cette rencontre, le Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) Emilio Gabaglio a indiqué que selon lui, "les nouvelles dispositions du Traité d'Amsterdam qui appellent à la prise en compte des politiques de l'emploi dans l'ensemble des politiques européennes devraient aussi se refléter dans le cadre de la politique de la concurrence. La consultation des représentants des salariés et de leurs syndicats dans les cas de fusion devrait, selon la CES, représenter un élément indispensable que la Commission devrait s'employer à assurer dans les meilleures conditions". Et M.Gabaglio a conclu: "J'espère que notre démarche pourra rencontrer un écho positif dans un proche avenir".