Paris, 06/04/2000 (Agence Europe) - Six organisations paysannes de cinq pays (Allemagne, Belgique, Espagne, France et Pays-Bas) de l'Union européenne ont décidé de coordonner leurs actions pour défendre les semences de ferme. Elles se sont fixé pour objectifs:
1) l'abolition de la subordination du versement d'aides européennes à l'utilisation de semences certifiées. Obligatoire pour le blé dur, cette mesure est en projet pour le lin. Les organisations paysannes estiment qu'elle n'a d'intérêt que pour le lobby semencier qui se constitue ainsi un marché captif;
2) l'abrogation de l'article du règlement de 1994 sur les obtentions végétales qui autorise les obtenteurs à percevoir une redevance pour la multiplication des semences à la ferme. Malgré de fortes résistances et d'importantes difficultés d'application, cette redevance commence à être perçue dans certains Etats membres comme l'Allemagne et les Pays-Bas.
Ces décisions font suite au colloque sur les semences de ferme, organisé en décembre dernier, pendant lequel les organisations paysannes de 7 pays d'Europe avaient exigé, à l'instar des pays africains, que l'ensemble des ressources génétiques de la planète soit inscrit au "patrimoine de l'humanité", afin d'en interdire toute aliénation privée.