Bruxelles, 06/04/2000 (Agence Europe) - Le sommet de Lisbonne a été porteur d'une bonne nouvelle pour l'industrie européenne du cinéma. Sous l'impulsion des Quinze, la Banque européenne d'investissement (BEI) devrait, à l'avenir, mobiliser davantage ses instruments de financement pour promouvoir le développement de l'industrie européenne de "contenus" (programmes, films, etc.). Le groupement d'industriels européens du cinéma EFCA (European Film Companies Alliance) y voit "pour la première fois" la reconnaissance de l'importance de cette production dans l'émergence de la nouvelle économie. Ce pourrait être aussi l'occasion de corriger un handicap majeur des Européens par rapport à leurs concurrents américains, lié à la difficulté de l'accès aux capitaux de ce côté-ci de l'Atlantique.
"A la demande de la commissaire à la Culture, Mme Reding, le programme eEurope inclut la possibilité d'utiliser des prêts de la BEI pour financer des start-up dans le domaine des médias", a confirmé le porte-parole de la commissaire. L'EFCA attend la concrétisation de cette annonce dans le plan d'action e-Europe de la Commission européenne. "Les compagnies européennes de cinéma souffrent d'un manque de capitaux par rapport à leurs concurrents américains. Alors qu'elles sont structurellement mieux préparées pour répondre aux évolutions du marché, l'insuffisance de capitaux disponibles freine leur lancée dans la révolution digitale", explique Philippe Kern, secrétaire général de l'EFCA. Un accès plus facile et moins coûteux à des financements leur permettrait de s'adapter et de répondre aux besoins du secteur, notamment dans le domaine marketing.
Pour l'EFCA, les enjeux sont de taille. "Internet peut permettre à l'industrie européenne du divertissement de concurrencer les majors américaines dont l'avantage concurrentiel, acquis via une distribution mondiale, est en train de s'éroder. Le commerce électronique offre la possibilité de développer une audience internationale pour des films européens", considère l'association. "L'environnement européen doit contribuer à la prise de risque et à l'investissement pour garantir la présence de l'industrie européenne dans l'économie digitale et la promotion de la diversité culturelle".