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Bulletin Quotidien Europe N° 7661
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/otan/securite et defense

Le PE et l'Assemblée parlementaire de l'Otan établissent des relations régulières - M.Patten espère proposer une Facilité de Réaction rapide avant le sommet de Lisbonne - M.Bereuter exprime les inquiétudes américaines- Le problème clé des budgets de la défense

Bruxelles, 22/02/2000 (Agence Europe) - A l'issue de la première réunion conjointe de la commission des affaires étrangères du PE et de l'Assemblée parlementaire de l'Otan, le 22 février à Bruxelles, les présidents respectifs, Elmar Brok et Javier Ruperez, ont annoncé à la presse que, à l'avenir: - l'Assemblée de l'Otan sera représentée aux rencontres trimestrielles de la commission du PE avec Javier Solana et avec Chris Patten; - le Parlement européen obtiendra à l'Assemblée de l'Otan un statut spécial qui permettra aux députés de participer activement à ses travaux. Nous voulons éviter que se crée une sorte de "scission parlementaire", a dit M.Brok, en soulignant qu'il n'y a pas d'alternative à l'Otan comme organe principal de défense collective, mais que l'UE doit se doter de ses propres capacités de prévention et gestion militaire et non militaire des crises. Il est temps de surmonter l'état d"ignorance et d'indifférence" entre l'UE et l'Otan, a dit pour sa part M. Ruperez (pour qui il est "ridicule" que les Secrétaires généraux du Conseil de l'UE et de l'Otan, M. Solana et Lord Robertson, se rencontrent seulement deux fois par mois, lors de petits-déjeuners informels). Catherine Lalumière, rapporteur du PE sur la politique de sécurité et de défense, se dit frappée par les "inquiétudes" exprimées lors de la réunion par de nombreux députés de pays de l'Otan non membres de l'UE, et aussi des inquiétudes quant à l'avenir de l'UEO et en particulier de l'Assemblée de l'UEO: nous avons fait récemment beaucoup de progrès en matière de sécurité et défense européenne, mais "il reste beaucoup à faire", et il faut le faire en liaison avec les autres, a-t-elle affirmé.

Douglas Bereuter, membre républicain de la Chambre des Représentants du Congrès a dit, lors de la même conférence de presse que les Etats-Unis (et aussi le Canada) avaient été surpris par l'idée de "placer l'identité européenne de sécurité et de défense" dans le cadre de l'UE, car "jusqu'à la fin de 1998 nous avions pensé qu'elle serait créée au sein de l'Otan". A présent, "nous reconnaissons que la Pesd sera située dans l'UE", mais les relations avec les pays qui ne sont pas membres de l'UE sont extrêmement importantes, a ajouté le parlementaire américain, en soulignant que le Canada aussi veut des liens formels avec cette politique européenne. Selon lui, pour éliminer toute ambiguïté concernant les opérations qui seront menées à l'avenir par l'UE, il faut en particulier reconnaître à l'Otan le "right-of-first-refusal", à savoir de dire d'abord si elle entend ou non s'engager dans une opération déterminée en Europe (dans son intervention pendant les travaux, M.Bereuter avait estimé que les menaces à la sécurité du continent européen sont "toujours un souci transatlantique, avec de possibles rares exceptions"). Nous verrons si les "headline goals" fixés pour 2003 seront atteints, et "j'espère vraiment que ce sera le cas", a ajouté M.Bereuter, tout en affirmant que l'UE ne doit pas s'imaginer qu'elle pourra bâtir un pilier européen de défense "à bas prix", et en s'inquiétant en particulier de la baisse du budget militaire allemand (à présent, seul le Luxembourg consacre à la défense un pourcentage du PIB plus bas que l'Allemagne, a-t-il noté). Et le Commissaire aux relations extérieures Chris Patten a reconnu que, pour construire un pilier, il faut "du ciment, de l'acier ". (La question des budgets de la défense sera discutée par les ministres de la Défense de l'UE lundi prochain à Sintra: NDR).

Dans son discours pendant la réunion, Chris Patten, en constatant que, face aux récents développements de la politique de sécurité européenne, "certains de nos amis américains ne savent pas s'il faut rire ou pleurer", a rappelé que, au début de la guerre en Bosnie, c'étaient les Européens qui étaient sur le terrain, et qu'en 1996, en Albanie, il y avait les Italiens "presque tout seuls". Quant au rôle de la Commission dans ce domaine, M.Patten s'est dit satisfait d'avoir une humble tâche d'"épicier", en citant un exemple, celui des mines qui se trouvent encore en Ukraine et en Moldavie. "C'est un boulot pour la Commission", a-t-il ajouté. Par ailleurs, il a dit qu'il espère pouvoir présenter au Conseil de l'UE avant le sommet de mars à Lisbonne, une proposition sur un Fonds de Réaction Rapide (permettant de mobiliser très rapidement des ressources pour des opérations non militaires de prévention des crises) et qu'il entend faire peu après des propositions sur des "headline goals" non militaires (des objectifs en matière, par exemple, de déploiement et formation de policiers, déminage, maîtrise et contrôle des armements, contrôle des frontières et d'embargos, surveillance de processus électoraux). Et il a rappelé que la Commission est en train de créer un "petit Centre de crise, comme interface opérationnel avec le Centre de situation de l'Unité de la politique de M.Solana", Unité avec laquelle, a-t-il dit, nous devons assurer une rapide mobilisation et une effective coordination des actions des Etats membres et de la contribution de l'Union dans son ensemble.

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