Bruxelles, 20/01/2000 (Agence Europe) - Le comité scientifique "Alimentation" de l'Union étudie actuellement l'opportunité de réviser, pour les rendre plus sévères, les valeurs limites en vigueur dans l'Union pour la coumarine, substance aromatique dont les effets potentiellement cancérigènes pour le foie ont été scientifiquement établis.
La présence dans l'alimentation de cette substance, que l'on trouve à l'état naturel dans la cannelle ou pouvant être utilisée comme additif aromatique, a été réglementée en 1988 par la directive du Conseil sur les arômes alimentaires (88/388/CEE). Aux termes de cette directive, les valeurs limites autorisées sont de 2 mg/kg pour les denrées alimentaires et les boissons, mais des exceptions sont permises pour certains types de caramels de confiserie (10 mg/kg), les chewing gums (50 mg/kg) et les boissons alcoolisées (10 mg/kg).
Dans un avis rendu le 22 septembre 1999, le comité cité avait confirmé les risques de toxicité de la coumarine pour la santé humaine - risques qu'il avait précédemment identifiés chez les rats, mais uniquement soupçonnés chez l'être humain, dans un avis du 16 décembre 1994. Il n'était, en revanche, pas parvenu à lever les incertitudes concernant l'existence d'une éventuelle génotoxicité chez l'homme, susceptible d'aggraver la toxicité de la coumarine et recommandait de poursuivre les recherches à ce sujet. C'est ce facteur aggravant potentiel qui motive la révision à la baisse des valeurs limites, actuellement à l'examen.
Le comité se réunira de nouveau la semaine prochaine pour poursuivre ses travaux, a annoncé le porte-parole de la Commission en soulignant l'intérêt particulier qu'y porte l'Autriche. Cet Etat membre a en effet récemment entamé des procédures internes contre une boulangerie épinglée par des contrôles pour des teneurs de coumarine non conformes aux valeurs limites obligatoires dans l'Union.