Bruxelles, 17/01/2000 (Agence Europe) - Le 17 janvier, la Présidence portugaise a fait au nom de l'Union européenne la déclaration suivante sur la situation en Indonésie:
"L'UE a pris acte des changements historiques qui sont intervenus ces derniers mois en Indonésie. Elle appuie les efforts du nouveau gouvernement indonésien, élu démocratiquement, et se félicite des mesures prises par le président Wahid pour renforcer la démocratie dans le pays, réformer l'armée et l'appareil judiciaire, relancer l'économie et résoudre les conflits internes par le dialogue plutôt que par la force. C'est pourquoi l'UE considère qu'il n'est pas nécessaire de renouveler les mesures restrictives prises en septembre 1999 à l'encontre de l'ancien gouvernement, et qui arrivent à expiration aujourd'hui, mais elle fait observer qu'en matière d'exportation d'armes, elle appliquera de manière stricte le Code de conduite de l'UE. A cet égard, l'UE continuera à suivre de près l'évolution de la situation en Indonésie.
L'Union européenne est vivement préoccupée par l'effroyable violence qui sévit aux Moluques, par les tensions en Irian Jaya et par la persistance du conflit à Aceh. L'UE souligne que les personnes qui se sont rendues coupables de violations des droits de l'homme, notamment au Timor-Oriental, doivent être sanctionnées et qu'il faut répondre aux préoccupations internationales concernant le sort de dizaines de milliers de réfugiés qui se trouvent toujours au Timor-Occidental. A la veille de la visite que doit effectuer le président Wahid en Europe, l'Union européenne réaffirme qu'elle est favorable à une Indonésie forte, unie et démocratique et se déclare prête à aider le nouveau gouvernement indonésien à relever ces défis de manière à renforcer les liens qui unissent l'Union européenne et une Indonésie démocratique.
Les pays d'Europe centrale et orientale associés à l'Union européenne, Chypre et Malte, pays également associés, ainsi que les pays de l'Aele membres de l'Espace économique européen, se rallient à cette déclaration."
Amnesty International avait demandé dès le 14 janvier que l'Union européenne ne reprenne pas ses exportations d'armement ou de matériel de sécurité frappées par un embargo depuis septembre dernier qui risque d'être utilisé pour violer les droits de l'homme en Indonésie. Si elle le fait, les forces de sécurité indonésiennes pourraient commettre des abus en utilisant des armes fabriquées en Europe, affirme l'organisation, qui constate que, alors que le Timor oriental est maintenant "sûr", des exemples "d'intimidation et de tueries analogues à ceux qui avaient choqué le monde et induit l'UE à imposer des sanctions militaires contre l'Indonésie se répètent dans d'autres parties" du pays. Amnesty International fait état d'informations selon lesquelles les forces de police qui s'étaient jointes aux milices pour attaquer les civils au Timor oriental l'année dernière sont actuellement déployées en Aceh, où on compte on grand nombre de disparus et de tués au cours des derniers mois.