Bruxelles, 17/01/2000 (Agence Europe) - Le président du Conseil de l'UE Jaime Gama a entamé le soir du 16 janvier, à Damas, une tournée de plusieurs jours au Proche-Orient. Le ministre portugais des Affaires étrangères, qui est accompagné en particulier par le Haut Représentant pour la Pesc Javier Solana, était ce lundi à Tel Aviv, où il a rencontré notamment son homologue israélien M. Levy et le président Weizman. Ensuite, la délégation à haut niveau de l'UE a eu un entretien avec le président Arafat. Au cours de cette tournée, qui dure jusqu'au 21 janvier, est prévue en outre une visite en Egypte.
A l'occasion de cette visite, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a affirmé dans une lettre ouverte à MM. Gama et Solana qu'il est "impératif" que l'Union européenne, au moment où "les négociations de paix entrent dans leur stade final", agisse afin d'"assurer que tout règlement négocié reflétera les normes internationales en matière de droits de l'homme et de droit humanitaire, et qu'il comportera des mesures pour surveiller et garantir leur application". Human Rights Watch, dont le Directeur à Bruxelles est Lotte Leicht, formule une série de demandes précises concernant:
Israël. Malgré certains récents développements encourageants en matière de droits de l'homme, Human Rights Watch attire en particulier l'attention sur la nécessité de rappeler aux autorités israéliennes les obligations acceptées par Israël dans le cadre de la Convention contre la torture, demander la mise en place d'une commission d'enquête indépendante sur les circonstances de récents assassinats de suspects palestiniens qui "auraient pu être des exécutions extra-judiciaires délibérées", et garantir le droit de résidence des Palestiniens à Jérusalem (la lettre ouverte cite les "difficiles tests" que le Ministère israélien de l'Intérieur fait subir depuis 1996 aux Palestiniens qui veulent maintenir leur résidence à Jérusalem).
l'Autorité palestinienne. Human Rights Watch affirme en particulier que, étant donné "le rôle crucial de l'Union européenne comme principal donateur pour l'Autorité palestinienne", l'UE devrait insister en particulier sur la création d'une commission indépendante chargée d'enquêter sur les allégations de cas de torture, la suspension de l'exécution des condamnations à mort, et l'adoption de mesures immédiates afin d'assurer l'indépendance du judiciaire et du législatif. Par ailleurs, l'organisation demande à l'UE de soulever avec les interlocuteurs palestiniens, "au plus haut niveau", la question de la garantie de la liberté d'expression et d'association, et de mettre fin en particulier aux arrestations et harcèlements de journalistes et activistes des droits de l'homme;
l'Egypte. La lettre ouverte rappelle que, malgré certaines améliorations en matière de droits de l'homme, le gouvernement du président Moubarak continue à gouverner le pays sur la base de l'état d'urgence proclamé en octobre 1981. La dernière prorogation de l'état d'urgence expire en mai prochain, et l'Union européenne devrait indiquer qu'elle saluerait une déclaration du gouvernement égyptien annonçant qu'il n'entend pas demander une nouvelle prorogation. Par ailleurs, l'UE devrait, dans les rencontres avec les interlocuteurs égyptiens attirer l'attention sur les risques qu'entraînerait pour la liberté d'association la loi de mai dernier qui "semble être soigneusement rédigée afin de limiter l'indépendance des organisations de la société civile, y compris la vibrante communauté égyptienne qui se bat pour les droits de l'homme". Enfin, Human Rights Watch demande à l'UE de soulever, aussi en Egypte, le problème de la torture et des exécutions extra-judiciaires.