login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13833
Sommaire Publication complète Par article 14 / 26
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ / Droits des femmes

L’Institut européen pour l’égalité entre les femmes et les hommes montre comment les pratiques de signalement façonnent la visibilité des violences

Les femmes restent les principales victimes des violences enregistrées dans les systèmes policiers et judiciaires de l’Union européenne, représentant jusqu’à 85% des cas de violences conjugales recensés, d’après le rapport 'Behind the numbers', publié vendredi 13 mars par l’Institut européen pour l’égalité entre les femmes et les hommes. 

Le document, qui analyse les données administratives collectées entre 2014 et 2022 dans 26 États membres, fait suite à une série d’initiatives menées pour améliorer la qualité des statistiques sur les violences faites aux femmes et s’appuie sur une collecte menée entre 2023 et 2024 auprès des autorités nationales, principalement issues des services de police et de justice.

Au-delà des chiffres disponibles, l’étude examine aussi la manière dont ces données sont produites, enregistrées et interprétées, en les confrontant à des enquêtes européennes récentes, dont l’enquête sur les violences fondées sur le genre de 2024.

En découle le constat selon lequel les violences seraient 'genrées'. Et pour cause, dans les États membres qui disposent de données détaillées, les femmes représentent en moyenne 85% des victimes de violences conjugales, 76% des victimes de violences domestiques et 98% des victimes de viol. En 2022, près de 450 000 cas de violences exercées par un partenaire ont été enregistrés dans 12 pays, soit plus de 1 200 signalements par jour.

On notera néanmoins que ces chiffres ne reflètent pas tout à fait la réalité, dont ils ne sont qu’un reflet atténué.

Ainsi, selon l’enquête sur les violences fondées sur le genre publiée en novembre 2024 par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, l’EIGE et Eurostat (EUROPE 13537/21), si 30,7% des femmes dans l’Union européenne déclarent avoir subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie, seulement 13,9% d’entre elles ont signalé les faits à la police.

En outre, seuls 13 pays ont fourni des données sur les victimes de violences conjugales et 11 sur les infractions correspondantes. À ces écarts entre États s’ajoutent des différences de définitions juridiques, de règles de comptage et de méthodes de collecte qui contribuent à la difficile comparaison à l’échelle européenne. 

Aussi, certains pays enregistrent uniquement les formes les plus graves, tandis que d’autres prennent en considération un éventail plus important de situations.

Par ailleurs, l’EIGE fait également état d’un manque d’informations dans le domaine judiciaire, et les données sur les poursuites, les condamnations ou les peines de prison sont encore limitées. 

« La disponibilité des données diminue également à mesure que les affaires progressent dans le système de justice pénale », indique le rapport, qui donne l’exemple de la violence entre partenaires intimes, pour laquelle « les données sur les auteurs poursuivis, condamnés et incarcérés sont disponibles respectivement dans sept, cinq et trois États membres ».

De plus, la violence économique est rarement enregistrée et les violences psychologiques restent peu visibles dans les statistiques. 

Selon l’EIGE, il faut donc une harmonisation des pratiques, une meilleure coopération entre services et des systèmes de données plus complets.

En ce sens, des informations fiables et comparables peuvent orienter les politiques publiques et améliorer la prévention des violences faites aux femmes dans l’Union européenne.

Le rapport : https://aeur.eu/f/lab  (Nithya Paquiry)

Sommaire

GUERRE AU MOYEN-ORIENT
POLITIQUES SECTORIELLES
CONSEIL DE L'EUROPE
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES
CARTE BLANCHE