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Bulletin Quotidien Europe N° 13812
POLITIQUES SECTORIELLES / SantÉ

La Cour des comptes européenne dresse un bilan en demi-teinte du 'plan européen contre le cancer'

Dans un rapport spécial publié jeudi 19 février, la Cour des comptes européenne a pointé les lacunes du 'Plan européen pour vaincre le cancer' lancé en février 2021 (EUROPE 12650/1), alors que le fléau du cancer tue plus d'un million de personnes par an dans l'Union européenne et aurait un impact économique supérieur à 100 milliards d'euros par an.

Doté initialement de 4 milliards d’euros pour la période 2021-2027, le plan européen aborde chaque étape de la prise en charge de la maladie (prévention, détection précoce, traitement et qualité de vie post-traitement).

« Mais sans une mise en œuvre plus cohérente, des jalons précis et une assurance sur son financement futur, il n’atteindra jamais son plein potentiel », a considéré Klaus-Heiner Lehne dans un communiqué.

D'après les auditeurs européens, l'un des mérites du plan européen est d'avoir conduit quatre États membres (parmi lesquels la Bulgarie, les Pays-Bas et la Roumanie) à élaborer un 'plan cancer' national et dix autres pays à actualiser le leur.

Une réussite identifiée concerne l’initiative européenne en matière d’imagerie sur le cancer, qui fournit l’infrastructure nécessaire pour que des modèles d’intelligence artificielle aident au diagnostic du cancer. Dotée de 18 millions d'euros, cette initiative vise à rassembler plus de 60 millions d’images anonymisées couvrant différents types de cancer et provenant d’au moins 15 pays.

La Cour des comptes identifie toutefois des doublons qui compromettent l'efficacité du plan européen et n'aboutissent pas à une utilisation efficiente des fonds européens. Sont citées les applications mobiles de prévention iBECHANGE et BUMPER, qui ont des objectifs et des groupes cibles similaires. Même chose pour des réseaux distincts de jeunes ayant survécu au cancer, mais qui devraient finalement converger en un réseau unique.

La Cour pointe également l'insuffisance de l'appropriation par les États membres de certains projets, ceux-ci n'ayant parfois pas engagé le financement à long terme nécessaire pour en assurer la pérennité.

C'est le cas de l’application smartCARE (initiative phare n°8), qui aide les personnes ayant survécu à un cancer à gérer les soins de suivi, mais qui n’a pas encore été expérimentée ni déployée à grande échelle. Est également cité le réseau de centres intégrés de cancérologie de l’UE (initiative phare n°5).

Concernant le dépistage du cancer du sein, le taux moyen de participation est aussi très variable. Supérieur à 75% au Danemark, en Finlande, en Suède et en Slovénie, il n’atteint pas 40% en Roumanie, à Chypre, en Slovaquie, en Hongrie, en Bulgarie, en Lettonie et en Pologne.

Dans plus de la moitié des pays de l’UE, dont l’Allemagne, la France et l’Italie (performance nationale située entre 40 et 55% pour ces trois pays), la participation est en déclin, alors qu’ils se trouvent déjà sous la moyenne européenne (56% en 2022, selon l'OCDE).

Enfin, les auditeurs pointent des faiblesses dans la conception du plan : faute d’objectifs chiffrés, de dates de fin précises et d’indicateurs homogènes, il est difficile d’en évaluer les avancées et son impact à long terme. Ils s’inquiètent aussi de l’avenir du plan après 2027 alors qu'en 2024 le budget du programme 'L’UE pour la santé' a été amputé d’environ un milliard d’euros. 

Voir le rapport :  https://aeur.eu/f/kt8  (Mathieu Bion)

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