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Bulletin Quotidien Europe N° 13687
ACTION EXTÉRIEURE / Chine

Sommet UE/Chine à Pékin - l'UE n'obtient pas de réponse concrète quant à ses préoccupations sur le plan commercial

Alors que les relations UE-Chine sont tendues depuis plusieurs mois, aucun résultat tangible n’était attendu lors du Sommet bilatéral entre les deux parties, jeudi 24 juillet à Pékin. Le déséquilibre commercial et le soutien chinois à la Russie restent les préoccupations principales de l’UE, qui célèbre cette année avec la Chine 50 ans de relations diplomatiques.

« Nous avons des systèmes politiques et économiques différents. Nous ne sommes pas toujours d'accord. Pourtant, nous avons un intérêt commun à poursuivre des relations constructives et stables, ancrées dans le respect de l'ordre international fondé sur des règles (…) », a rappelé le président du Conseil européen, António Costa, dans ses remarques introductives.

Il s’est entretenu, aux côtés de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avec le président chinois, Xi Jinping, dans la matinée, avant un échange avec le Premier ministre, Li Qiang, dans l’après-midi. La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, était également présente.

Les points de friction entre l’UE et la Chine se sont accumulés en amont de la rencontre (EUROPE 13674/3), ce qui a poussé Pékin à annuler une deuxième partie du sommet consacrée aux entreprises, initialement prévue le lendemain, vendredi 25 juillet, dans la ville de Hefei.

À la place, une table-ronde réunissant une soixantaine de représentants d’entreprises européens et chinois a été mise en place en marge du sommet (EUROPE 13678/38).

Commerce. Le point central des différends UE/Chine concerne le volet commercial. Lors des discussions, l’UE a fait part, en premier lieu, de ses inquiétudes à propos des surcapacités industrielles chinoises et des problèmes d’accès au marché chinois pour les entreprises européennes.

Les dirigeants européens ont même prévenu que l’Union n’hésiterait pas à prendre des mesures « proportionnées et conformes au droit pour protéger ses intérêts légitimes », si la Chine ne s’engageait pas dans un dialogue « constructif » pour trouver des solutions à ces problèmes, d’après le compte-rendu de la Commission.

Pour l’heure, António Costa et Ursula von der Leyen ont exhorté leurs homologues à restaurer l’accès au marché chinois pour la viande et les produits cosmétiques et pharmaceutiques européens et à mettre fin aux tarifs punitifs sur le brandy, la viande de porc et les produits laitiers européens. Ils ont aussi fait part de leurs inquiétudes quant aux restrictions d’exportation chinoises pour ce qui concerne les terres rares et les aimants permanents.

La Chine a fait un pas vers l'UE sur ce dernier point : elle a accepté la mise en place d'un mécanisme qui permettra de fluidifier les exportations chinoises de terres rares et d'aimants permanents vers l'UE.

Pour ce qui est des autres sujets, Xi Jinping s’en est tenu à des remarques générales sur la coopération économique entre les deux blocs. Il a seulement indiqué que l’UE devait également rester ouverte et « se retenir d’utiliser des instruments qui restreignent le commerce et l’économie ».

Russie. Sur la base des discussions entamées lors du dialogue stratégique UE-Chine (EUROPE 13673/21), l’UE a à nouveau appelé la Chine à utiliser son influence pour que la Russie mette un terme à sa guerre d’agression en Ukraine.

En particulier, elle a répété à la Chine de ne pas fournir de matériel 'à double usage' permettant de renforcer la base militaro-industrielle de la Russie.

Lors d’une conférence de presse, António Costa a indiqué que les deux parties s’étaient accordées sur « le besoin de trouver une paix juste et durable le plus rapidement possible ».

Du côté chinois, les déclarations publiques ont simplement fait référence à « un monde en mutation et turbulent ». Xi Jinping a ainsi indiqué que les dirigeants chinois et européens devaient « faire les bons choix stratégiques qui répondront aux attentes des populations et résisteront à l'épreuve de l'histoire ».

Climat. Le seul point sur lequel les deux parties se sont accordées en amont du sommet est une déclaration conjointe sur les engagements climatiques communs, dans le cadre des 10 ans de l’Accord de Paris sur le climat.

L’UE et la Chine s’engagent notamment à présenter avant la COP30 à Belém (Brésil) de novembre leur Contribution déterminée au niveau national (CDN) respective fixant un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2035. Elles indiquent aussi leur volonté de poursuivre la coopération bilatérale dans des domaines tels que la transition énergétique, la gestion des émissions de méthane, les marchés du carbone et les technologies vertes et bas carbone.

Droits humains. Lors de ce Sommet, l’UE a également rappelé ses vives préoccupations concernant la situation des droits de l’homme, que ce soit au Xinjiang ou au Tibet, ou encore l’érosion continue des libertés fondamentales à Hong Kong (EUROPE 13660/3).

Elle a aussi exprimé, une nouvelle fois, ses inquiétudes quant à la montée des tensions dans le détroit de Taïwan, et l’instabilité accrue en mer de Chine orientale et méridionale. (Pauline Denys)

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