Les négociations entre l'UE et les États-Unis pour le meilleur traitement commercial possible continuent, sans déboucher sur des directions claires à ce stade. Si les négociateurs des deux côtés de l'Atlantique parlent de progrès, la menace d'un retour aux tarifs américains annoncés le 2 avril est toujours présente, et la Commission européenne maintient la préparation de contre-mesures en cas d'échec des pourparlers.
Sur les solutions proposées par la Commission européenne aux Américains, certaines deviennent de plus en plus crédibles. L'offre européenne d'acheter davantage de gaz naturel liquéfié ou de produits agroalimentaires va dans le sens des demandes américaines et semble donc faire son chemin.
En revanche, la proposition d'un tarif nul réciproque sur les produits industriels apparaît peu attractive outre-Atlantique, d'après un haut fonctionnaire européen bien informé. Selon cette source, le tarif de base de 10% semble, à ce stade, être le traitement le plus plausible pour les produits européens, après le 14 juillet, date limite fixée pour trouver un arrangement.
Option que le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a qualifiée d'insatisfaisante pour l'UE dans les colonnes du journal britannique Financial Times. Selon le quotidien, le commissaire a laissé entendre qu'un accord ne pourrait être scellé avec un taux de 10%. Et d'admettre toutefois qu'il serait « très difficile » d'atteindre un accord véritablement acceptable pour l'UE.
Il a également rappelé que la Commission avait le soutien des États membres pour une réponse robuste en cas d'échec des négociations. Ce soutien clair exprimé ces deux derniers mois permet à la Commission d'avancer sereinement et concrètement dans la préparation de potentielles mesures de rétorsion, d'après nos informations.
Une autre option soulevée par une source européenne serait de prolonger la trêve de 90 jours, et de répéter ainsi un schéma bien connu des partenaires outre-Atlantique, qui ont historiquement des difficultés à trouver des accords sur les questions commerciales. (Léa Marchal)