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Bulletin Quotidien Europe N° 13622
SOCIAL - EMPLOI / Social/emploi

IA, intégration et conciliation de la vie professionnelle et familiale - les États membres partagent à Varsovie leurs expériences et leurs attentes 

La réunion informelle des ministres de l’Emploi et des Affaires sociales des États membres, qui s’est déroulée lundi 14 et mardi 15 avril à Varsovie, a été l’occasion pour eux « d’échanger les expériences et bonnes pratiques » en matière d’intégration sur le marché du travail, de concilitation des vies professionnelle et familiale, mais aussi d’identifier les défis posés par l’intelligence artificielle, notamment en termes de respect des droits des travailleurs, de respect des horaires de travail ou de la place à accorder au dialogue social, a résumé mardi la ministre polonaise de la Famille, du Travail et de la Politique sociale, Agnieszka Dziemianowicz-Bąk.

Révolution numérique et monde du travail. Les ministres étaient conviés à trois sessions de travail. Sur la première, dédiée aux mutations numériques et aux algorithmes dans le monde du travail, il a notamment été question des outils dont pourrait se doter l’UE. La vice-présidente de la Commission chargée de l’Emploi et des droits sociaux, Roxana Mînzatu, aurait évoqué une refonte de la législation existante en vue d'une éventuelle proposition législative sur l'utilisation de l'IA sur le lieu de travail.

Cette piste aurait été soutenue par quelques pays, selon des sources, mais un nombre plus important de délégations auraient estimé toute proposition encore un peu prématurée ou pas encore nécessaire à ce stade. Le ton de la discussion aurait en effet porté en partie sur le besoin d’éviter une surcharge superflue pour les entreprises.

La nécessité pour le dialogue social et la négociation collective de jouer un rôle important dans la gestion de l'utilisation de l'IA sur le lieu de travail et l'élaboration de nouvelles règles et pratiques ont aussi été soulevées. Les avantages potentiels de l'IA ont aussi été mentionnés ; par exemple, pour surveiller précisément les heures de travail et permettre aux travailleurs de mieux maîtriser leur temps ainsi que pour améliorer la productivité et la compétitivité de l'UE. En revanche, la surveillance extrême des travailleurs et le manque de transparence dans l'utilisation de l'IA pour la gestion des travailleurs ont été pointés du doigt comme des risques potentiels, les ministres rappelant aussi l'importance d'une approche centrée sur l'humain. 

« Ils ont également abordé la nécessité d’adapter la législation de l’UE – y compris la directive sur le travail en plateforme et la législation sur l’IA – pour garantir aux travailleurs le droit à l’information et à la consultation », a résumé la Présidence polonaise dans un communiqué.

Dans une note de préparation, la Présidence polonaise avait indiqué que « la croissance de la productivité est plus probable lorsque les humains et l'IA se complètent, plutôt que lorsque l'automatisation est recherchée à tout prix ».

Elle avait aussi estimé urgent de renforcer la capacité des partenaires sociaux, en particulier des travailleurs et de leurs représentants, de faire face efficacement aux impacts découlant de la numérisation du lieu de travail. La portée du soutien devrait être définie en consultation avec les partenaires sociaux. « D'une part, l'adoption des technologies de l'IA peut créer des déséquilibres de pouvoir entre les travailleurs et les employeurs, par exemple en raison du manque d'expertise en IA et des asymétries d'information concernant les données du travail. Cela pourrait compromettre la représentativité des acteurs traditionnels du dialogue social ».

Politiques d'intégration active. Lors de la session consacrée aux politiques d’intégration active dans les pays de l’UE et à la manière de garantir la pleine intégration des migrants non européens dans la société européenne, les États membres ont mis l’accent sur les avantages de la migration pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre et de compétences en période de changement démographique ainsi que sur les moyens d’assurer l’intégration, par exemple, par la formation linguistique ou les programmes de perfectionnement et d’emploi pour les migrants déjà dans l’UE.

Il aurait aussi été question, selon des sources, des moyens d’apaiser les inquiétudes de la population locale, par exemple en ce qui concerne les risques de dumping social.

Égalité sur le marché du travail. S’agissant de l’égalité sur le marché du travail, l’accent aurait été mis sur l’allègement et le partage de la charge de soins, qu’il s’agisse des enfants ou des proches âgés ou handicapés.

Les interventions des États membres auraient mis l’accent sur les mesures existantes dans leurs pays pour encourager les hommes à assumer une plus grande part des tâches et des autres soins, via le congé de paternité, ou la garde d'enfants gratuite/abordable dès le plus jeune âge.

La discussion a souligné le besoin d'investir davantage dans les infrastructures publiques et les services de soins ainsi que de renforcer les services de soins formels aux personnes âgées en rendant ces emplois plus attractifs, mais aussi en encourageant l'immigration pour combler les déficits de main-d’oeuvre. (Solenn Paulic)

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