L'ONG Zero Waste Europe a appelé l’UE à optimiser le système de responsabilité élargie des producteurs (REP), dans une étude publiée lundi 14 avril qui analyse 30 ans de mise en œuvre de cet outil lancé dans les années '90.
Les succès de la REP sont mitigés, selon Zero Waste Europe. Si elle a permis de mobiliser des ressources pour la collecte des déchets ainsi que le développement des infrastructures de recyclage, la couverture des coûts de collecte et des traitements de déchets resterait insuffisante, selon des autorités locales, en désaccord avec les producteurs. Des taux de collecte trop variables (95% pour les pneus et moins de 50% pour les piles) montrent aussi que les résultats ne sont pas forcément au rendez-vous.
Surtout, l'ONG a constaté que « la production des déchets dans les secteurs concernés a augmenté plutôt que diminué ». La REP incarne un paradoxe aux yeux de Zero Waste Europe : « En se concentrant uniquement sur la gestion des déchets sans s'attaquer à leur production », la REP représente aujourd'hui un frein aux modèles circulaires.
Pour y remédier, le régime doit passer d'un outil de gestion des déchets à un levier de l'économie circulaire, par le financement de la prévention des déchets, de la réutilisation et de la réparation, notamment via des objectifs de réduction de l'utilisation des matériaux et des ressources.
Zero Waste Europe propose également d'harmoniser la REP au niveau européen, afin d'éviter aux entreprises de « gérer 27 réglementations différentes ». À ce titre, la création d'un organisme européen dédié permettrait notamment de centraliser pour « réduire la charge administrative ».
Voir l'étude : https://aeur.eu/f/gfi (Florent Servia)