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Bulletin Quotidien Europe N° 13456
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Le Conseil des Gouverneurs maintient ses taux inchangés et met le cap sur septembre

Le Conseil des Gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, prudemment, jeudi 18 juillet, à l’issue de sa réunion de politique monétaire à Francfort, de maintenir ses trois taux directeurs inchangés depuis la première baisse de 25 points de base de juin (EUROPE 13425/1).

Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement se maintient donc à 4,25%, le taux de la facilité de prêt marginal à 4,50%, et celui de la facilité de dépôt à 3,75%.

Cette décision a été prise, selon la présidente de la BCE, Christine Lagarde, d’un commun accord par le Conseil des gouverneurs, de même que la décision d’appliquer, pour les prochaines décisions de politique monétaire, sa méthode de décision dite « réunion par réunion », en se basant sur les données analysées au crible des trois critères de la fonction de réaction (EUROPE 13280/8) afin de déterminer le niveau et la durée appropriés du caractère restrictif de la politique monétaire.

La présidente envisage un été « un peu chargé ».

Prochaines décisions. Le Conseil des gouverneurs tient, comme en juin, à ne pas s’engager par avance sur une trajectoire particulière concernant les taux. Cependant, a indiqué Mme Lagarde, la question des décisions de septembre est grande ouverte, restant dépendante des données.

Les projections de juin seront un point de référence, mais tous les éléments reçus seront pris en compte, y compris les nouvelles projections macroéconomiques ou encore les données des exportations.

La croissance sera également observée à la loupe. Mme Lagarde a souligné une amélioration, tirée en zone euro par les services, non par la production.

Elle a également annoncé des discussions internes sur les droits de douane et le risque de fragmentation du commerce au niveau mondial.

Sans vouloir donner d’indication sur les décisions à venir, Mme Lagarde a affirmé que la BCE resterait en territoire restrictif aussi longtemps qu'il le faudrait pour atteindre son objectif de limitation de l'inflation à 2% à moyen terme, dans la mesure où la zone euro n'a pas encore atteint cet objectif, et il faudrait du temps avant d'y parvenir.

La présidente a souligné en outre l’importance d’une mise en œuvre du nouveau cadre de gouvernance économique européen et salué l'orientation de la Commission européenne pour renforcer la santé des finances publiques et la déclaration de l'Eurogroupe sur l'orientation budgétaire pour la zone euro en 2025 (EUROPE 13453/12).

L'inflation et ses composantes. Mme Lagarde a indiqué que certaines mesures de l'inflation sous-jacente avaient augmenté en mai en zone euro, en raison de facteurs exceptionnels, mais que la plupart des mesures étaient restées stables ou avaient légèrement diminué en juin. Elle a reconnu que l’inflation intérieure en zone euro restait élevée.

Les salaires. Christine Lagarde a également souligné que les salaires en zone euro continuaient d'augmenter à un rythme soutenu, rattrapant ainsi la période récente de forte inflation. L’augmentation des salaires nominaux, combinée à la faiblesse de la productivité, a contribué à la croissance des coûts unitaires de main-d'œuvre, a-t-elle déclaré. Celle-ci a ralenti durant le premier trimestre 2024.

Pour la présidente, la croissance des coûts de main-d'œuvre restera également probablement élevée à court terme. 

Elle a également indiqué que les données récentes sur la rémunération par employé avaient été conformes aux attentes et a estimé que des indicateurs d'enquête récents signalaient que la croissance des salaires deviendrait plus modérée au cours de l'année 2025.

Les marges bénéficiaires. Par ailleurs, la présidente a déclaré que les bénéfices en zone euro s’étaient réduits au premier trimestre 2024, compensant ainsi également les effets inflationnistes de la hausse des coûts unitaires de main-d'œuvre. Selon elle, les données d'enquêtes suggèrent que les bénéfices devraient continuer à être plus modérés à court terme.

Elle a estimé que l’inflation devrait fluctuer autour des niveaux actuels en 2024, agitée encore par les effets de base liés à la récente crise de l'énergie et qu'elle pourrait se rapprocher de l’objectif des 2% au cours du second semestre 2025.

Conditions de financement. Mme Lagarde a indiqué que les taux des crédits pour les entreprises ont baissé en mai, mais la demande de crédit par les entreprises a été faible. D'autre part, le taux des prêts hypothécaires est resté stable, mais, pour la première fois depuis 2022, l’enquête sur les crédits accordés par les banques ('Bank Lending Survey') ont montré une augmentation de la demande des ménages.

Évaluation de la stratégie de la BCE. Enfin, la présidente Lagarde a indiqué qu’il n’y aurait pas de nouvelle stratégie de la BCE, mais une évaluation de la stratégie existante. Deux éléments ont été exclus de la discussion : l’objectif symétrique des 2% d’inflation à moyen terme et les prévisions par points ('dot plot'). L'exercice débutera bientôt. De premiers résultats pourraient intervenir au second semestre 2025.

Lien vers les décisions : https://aeur.eu/f/d2v (Émilie Vanderhulst)

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