Avec sa contribution à hauteur de 7% au PIB européen, l'industrie automobile est « le moteur de la croissance en Europe », selon la Présidence hongroise du Conseil de l'UE. Cette dernière a publié un document d'information (background paper) sur le soutien à la production et à l'achat de véhicules électriques à l'échelle européenne, le 10 juillet. Elle avait accueilli, la veille, une session de travail sur le même thème à la réunion informelle des ministres de l'Industrie.
La Hongrie formule onze propositions dans son document, comme nous l'avions écrit dans nos lignes (EUROPE 13449/1). Les mesures suggérées concernent : - le déploiement de bornes de recharge électriques ; - le soutien aux fabricants de véhicules ; - l'accès aux voitures électriques pour les consommateurs ; - le recyclage ; - la promotion du transport durable au-delà des véhicules pour particuliers.
Pour Budapest, l'électrification de la flotte automobile doit être soutenue au niveau européen, en stimulant à la fois l'offre et la demande. Ainsi, la Hongrie propose que l'UE se dote d'un programme de subventions pour les consommateurs, qui pourraient recevoir une aide de 4 500 euros à l'achat d'un véhicule électrique.
Par ailleurs, les citoyens européens seront plus enclins à passer du thermique à l'électrique si les territoires sont largement équipés de bornes de recharge, qui plus est, à recharge rapide, insistent les auteurs du document. C'est pourquoi ils recommandent un durcissement du règlement sur le déploiement d'une infrastructure pour carburants alternatifs (AFIR) : celui-ci devrait imposer des stations de recharge pour les voitures et camionnettes tous les 50 km, au lieu de 60 actuellement.
Le déploiement de ces infrastructures pourrait être soutenu par un programme européen de subventions doté de 15 milliards d'euros jusqu'en 2035, selon la Présidence hongroise. Elle propose également qu'un fonds supplémentaire de 20 milliards d'euros soit créé pour aider les foyers à s'équiper en bornes de recharge à domicile.
Sur le front de l'industrie automobile, des financements publics pourraient, là aussi, être utiles, indique la Hongrie. Ceux-ci pourraient toutefois être nationaux plutôt qu'européens. Un assouplissement des règles sur les aides d'État est donc nécessaire, pour Budapest.
Les auteurs du document soulignent à nouveau l'urgence de réduire la charge administrative pour les fabricants automobiles.
Dans sa dynamique de mettre le sujet de l'automobile en avant dans les discussions sur la compétitivité, la Présidence hongroise a demandé à la Commission européenne de faire un état des lieux de ce secteur dans l'UE, lors de la réunion d'un groupe de travail sur la compétitivité et la croissance, jeudi 18 juillet.
Voir le document : https://aeur.eu/f/d17 (Léa Marchal)