De retour d’une visite en Slovaquie menée du 8 au 12 juillet, Michael O’Flaherty, le Commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, a dénoncé, lundi 15 juillet, « la discrimination qui touche tous les domaines de la vie des Roms » dans le pays.
Il mentionne « des femmes roms placées dans des maternités séparées », « des enfants roms victimes de ségrégation dans l’éducation », « de nombreux Roms privés d’accès à un logement convenable » et qui « se voient refuser des entretiens d’embauche ».
Le Commissaire dénonce « l’extrême pauvreté » de certaines communautés roms, qui vivent sans accès à l’eau et à l’électricité dans des habitations « totalement impropres à l’habitation humaine », reléguées « dans des zones dangereuses ».
Il souligne l’importance des initiatives souvent menées par la société civile, mais affirme que « l’ampleur du défi en matière de droits humains nécessite un changement radical ».
Au premier rang des actions à mener, le Commissaire demande au gouvernement la création d’un mécanisme d’indemnisation des femmes roms stérilisées de force et des enquêtes sur les allégations de mauvais traitements par la police.
Il réitère aussi ses inquiétudes concernant, d’une part, le remplacement du radiodiffuseur public par une nouvelle entité et, d’autre part, le projet de loi sur l’enregistrement des ONG.
En Slovaquie, « les médias et la société civile sont soumis à un niveau de pression déconcertant », constate-t-il.
Cette visite est la première d’un cycle que le Commissaire tient à consacrer aux droits humains des Roms et des gens du voyage en Europe. (Véronique Leblanc)