Lors de l'événement consacré à la résilience en Europe et en Belgique à travers l'évaluation des risques climatiques et environnementaux organisé par la Présidence belge du Conseil de l’Union européenne lundi 22 avril, le directeur général de la Direction générale de l'action pour le climat (DG CLIMA) de la Commission, Kurt Vandenberghe, a déclaré : « Il est assez difficile pour les sociétés d'admettre que nous avons besoin de crises pour inciter à l'action. Mais il serait encore pire de ne pas agir du tout ».
Soulignant l'importance de l'anticipation plutôt que de la réaction face aux événements climatiques extrêmes, le directeur général est revenu sur les résultats publiés le 11 mars dernier dans le rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) (EUROPE 13368/11), notamment l'évaluation des risques climatiques pour l'Europe.
Selon cette évaluation, même dans les scénarios de réchauffement global les plus optimistes, l'Europe est confrontée à une augmentation des risques liés à la chaleur extrême, aux sécheresses, aux incendies de forêt et aux inondations. Ces phénomènes menacent non seulement les infrastructures et les économies, mais également la santé publique et la sécurité alimentaire.
M. Vandenberghe a également fait référence à une étude de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique, indiquant que la perte moyenne de revenu global pourrait atteindre 20% au cours des 25 prochaines années, avec des prévisions encore plus graves pour l'Europe.
Kurt Vandenberghe a souligné l'importance d'éviter que l'incertitude ne mène à l'inaction. Il a insisté sur le fait que nous ne devrions pas attendre une clarté parfaite avant de prendre des mesures. Selon lui, les impacts du changement climatique ne sont pas simplement le résultat de catastrophes naturelles inattendues, mais plutôt la conséquence de risques identifiés et des politiques adoptées pour les gérer.
Il a illustré l'urgence de comprendre et de répondre aux risques climatiques avec l'exemple des simulations de gestion des crises organisées par la DG CLIMA, qui ont permis de révéler les impacts imminents des changements climatiques et la préparation nécessaire pour y faire face. Ces simulations ont impliqué divers rôles, dont ceux des décideurs politiques, des chefs d'entreprise et des scientifiques.
En outre, le directeur général a appelé à une action collective et renforcée. « Nous devons documenter ces choix et les rendre très explicites », a-t-il insisté, soulignant la nécessité pour les politiques européennes d'investir dans des décisions climatiques sensées. Sur ce point, il a réitéré l'engagement de la Commission européenne à soutenir les initiatives de résilience climatique.
Concernant les aspects financiers, il a insisté sur la nécessité pour les acteurs politiques, les entreprises et les investisseurs de comprendre les exigences en matière d'investissements et de protection pour répondre adéquatement aux enjeux. Ils doivent, selon M. Vandeberghe, planifier des actions spécifiques basées sur l'impact et l'urgence de ces besoins. (Nithya Paquiry)