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Bulletin Quotidien Europe N° 13396
ACTION EXTÉRIEURE / Moyen-orient

Les ministres approuvent le principe des sanctions à l’encontre des drones et missiles de l'Iran à destination de ses mandataires

Les ministres des Affaires étrangères ont donné leur feu vert, lundi 22 avril, pour des sanctions à l’encontre de la production et l'exportation de drones et missiles iraniens. Concrètement, l’UE va travailler pour élargir le champ du régime de sanctions liées aux drones iraniens à destination de la Russie pour y inclure les missiles et ajouter l’envoi aux mandataires au Moyen-Orient.

« Nous avons atteint un accord politique afin d’élargir et d’étendre » le régime existant couvrant l’envoi de drones iraniens à la Russie « pour couvrir les missiles et leur transfert potentiel vers la Russie », et la livraison de drones et de missiles « au Moyen-Orient et en mer Rouge » et pour élargir la liste des composants des drones et des missiles « interdits », a annoncé le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, à l'issue du Conseil des Affaires étrangères, à Luxembourg.

« Au cours des derniers mois, l'Iran a montré qu'il soutenait de nombreux autres mandataires avec ses missiles balistiques. Donc, tout ce que nous pouvons faire pour limiter et arrêter la production de missiles balistiques et de drones est essentiel. Cela ne concerne pas seulement le Moyen-Orient, mais c'est aussi important pour la Russie », a expliqué la ministre néerlandaise, Hanke Bruins Slot.

Son homologue irlandais, Micheál Martin, a mis en avant la « guerre de l’ombre » (shadow war) de l’Iran, avec son aide au Hamas et au Hezbollah, quand le Lituanien Gabrielius Landsbergis s’est dit en faveur de « restreindre l’industrie militaire d’un pays qui se bat sur deux fronts ».

Plusieurs ministres ont une nouvelle fois mentionné la possibilité d’inscrire le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) sur la liste des organisations terroristes. Si une cour de Hanovre a estimé en mars qu’un incendie criminel contre une synagogue allemande avait été ordonné par l'État iranien, selon une source européenne, d’après les services juridiques du Conseil, l’analyse de la décision allemande n’apporte pas de preuve que les Gardiens étaient impliqués. « Pour les mettre sur la liste, il faut une décision au niveau national pertinent et que cela soit en ligne avec la réglementation de l’UE sur les terrorismes et les critères prescrits », a expliqué cette source.

Quelle que soit la possibilité ou non de les sanctionner, le ministre autrichien, Alexander Schallenberg, a rappelé que l'IRGC était déjà sanctionné sous plusieurs régimes européens. « Il s’agit en fait d’un acte symbolique, car, en réalité, les Gardiens de la révolution sont déjà de facto sous sanctions. Nous ne les avons tout simplement pas encore déclarés 'organisation terroriste', mais je pense que si cette mesure est possible, nous devrions l’envisager », a-t-il expliqué.

Pas d'avancée dans la révision du l'accord d'association avec Israël

Par ailleurs, interrogé sur la demande d’examen par l’Irlande et l’Espagne de l’accord d’association avec Israël concernant une possible violation des termes de l’accord - en lien avec le respect de la législation humanitaire internationale -, M. Borrell a expliqué que, selon lui, la Commission n’avait pas répondu aux deux pays. « À ma connaissance, du côté de la Commission, rien ne s'est passé. De mon côté, j'ai appelé à un débat d'orientation politique, j'ai proposé de convoquer une réunion du Conseil d'association pour discuter avec nos partenaires israéliens. Cette proposition a été rejetée », a-t-il expliqué. Il a annoncé que les ministres s'étaient mis d'accord pour inviter le ministre des Affaires étrangères d’Israël, Israel Katz, et le nouveau Premier ministre palestinien, Mohammad Mustafa, au prochain Conseil des Affaires étrangères, prévu pour le 27 mai.

Micheál Martin a expliqué que, s’il avait « anticipé une résistance significative » de la part de certains États membres, il n’était pas satisfait que la question ne reçoive pas l’attention qu’elle requiert. Il a aussi expliqué qu’il fallait encore déterminer « le modus operandi par lequel procéder à l'examen ». « La situation à Gaza est totalement inacceptable d’un point de vue humanitaire », a-t-il expliqué, estimant que la loi humanitaire avait été violée à Gaza par Israël.

Aide humanitaire

Lundi, M. Borrell a déploré qu’aucune amélioration de la situation humanitaire ne s'observe à Gaza. Il a toutefois indiqué que « la plupart » des donateurs de l’UNRWA, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine, avaient relancé leurs contributions financières.

Tandis qu’un assaut terrestre de l’armée israélienne sur Rafah est imminent, plusieurs ministres européens des Affaires étrangères ont réitéré leur appel à une ouverture des points de passage de l’aide humanitaire vers Gaza.

« Nous demandons l'ouverture immédiate de tous les points terrestres pour permettre l'accès à l'aide humanitaire. La population civile de Gaza ne peut plus attendre pour avoir accès à des choses aussi essentielles que la nourriture, la médecine et l'eau potable », a notamment déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares.

Rafah est le principal point de passage de l’aide humanitaire arrivée depuis l’Égypte vers le sud de la bande de Gaza, où près de 1,5 million des Palestiniens sont entassés dans des conditions précaires. Ces derniers jours, plusieurs frappes aériennes sur la ville ont été rapportées par l’AFP.

L’acheminement d’aide par le nord de Gaza est limité. Seulement 20 camions humanitaires ont pénétré dans le nord de l’enclave palestinienne, d'après les recensements des autorités israéliennes en date du dimanche 21 avril. 85 largages aériens d’aide ont également été comptabilisés par Israël depuis le début de la guerre.

Pour ce qui concerne l'accès maritime, le couloir initié par Chypre et soutenu par l’UE est au point mort. L’ONG espagnole 'Open Arms', qui avait mobilisé deux de ses navires à la fin mars, a mis fin à sa mission après la mort de sept travailleurs humanitaires tués par l’armée israélienne (EUROPE 13382/3). (Camille-Cerise Gessant et Bernard Denuit)

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