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Bulletin Quotidien Europe N° 13327
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

Philippe Lamberts préconise « une capacité budgétaire européenne » pour financer les transitions numérique et climatique

Le coprésident du groupe Verts/ALE au Parlement européen, Philippe Lamberts, a fortement critiqué, jeudi 11 janvier, les compromis atteints en décembre dernier, à la fois en commission parlementaire des affaires économiques et monétaires et au Conseil 'Écofin' (EUROPE 13322/12).

« Nous avons le choix entre une très mauvaise solution [celle du Conseil de l'UE, NDLR] et une mauvaise solution [celle du PE, NDLR] », a-t-il déclaré à quelques journalistes. Selon lui, « l'Union européenne, avançant en somnambule, s'apprête à commettre une grave erreur politique » en s'imposant des règles budgétaires européennes qui empêcheront ses pays membres d'être au rendez-vous des investissements additionnels colossaux nécessaires pour réussir les transitions numérique et climatique.

Évaluant à environ 2% du PIB de l'UE le volume d'investissements publics à réaliser d'ici à 2050 uniquement dans « deux domaines consensuels », à savoir la lutte contre le changement climatique (1,5% du PIB) et la défense (0,5% du PIB), M. Lamberts a estimé que la seule manière plausible de financer de tels besoins était l'endettement public commun, via la création d'une « capacité budgétaire au niveau européen ».

« Nous devons en venir au 'quoi qu'il en coûte' » ('whatever it takes') pour financer ces investissements, a souligné l'eurodéputé. Cette capacité budgétaire, qui prendrait le relais du Plan de relance européen Next Generation EU, pourrait s'inspirer de l'instrument européen SURE de soutien aux régimes nationaux de chômage partiel que l'UE avait mis en place en 2020 pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19.

Contrant toute critique qui l'accuserait de laxisme budgétaire, le coprésident du groupe Verts/ALE s'est prononcé contre une règle d'or qui autoriserait d'exclure certaines dépenses ou investissements du Pacte de stabilité. En octobre 2022, son groupe y était pourtant plutôt favorable selon une position défendue avant le début de la réforme du Pacte (EUROPE 13044/19). Et M. Lamberts s'est dit favorable à des règles européennes « intrusives » dans les politiques budgétaires nationales.

En vue de la session plénière qui débutera lundi 15 janvier (voir autre nouvelle), le groupe écologiste a obtenu un débat, mercredi prochain, et un vote, le lendemain, sur le mandat de négociation du Parlement européen, alors que les négociations avec le Conseil de l'UE débuteront mardi 23 janvier. Fort d'une majorité composée par les groupes PPE, S&D et Renew Europe, ce mandat devrait être approuvé.

M. Lamberts a espéré l'échec de ces négociations interinstitutionnelles, notamment si le Parlement européen est appelé à approuver d'ici avril un accord reprenant de façon excessive la position du Conseil. « Avaler la position du Conseil sera de plus en plus difficile » à l'approche des élections européennes de juin, a-t-il prédit, estimant que, si le groupe S&D était réellement de gauche, il n'y aurait pas de majorité pour un texte s'inspirant des deux positions sur la table.

Et l'eurodéputé de rejeter l'argument de Margarida Marques (S&D, portugaise), corapportrice du PE sur la réforme du Pacte, selon laquelle les règles actuelles, pires encore, s'appliqueront si la réforme n'aboutit pas avant la fin du cycle législatif. D'après M. Lamberts, les règles actuelles, qui incluent notamment la règle des 1/20e pour la réduction annuelle de la dette publique, ne seront pas applicables. Une situation qui obligera les États membres et le futur Parlement européen à relancer les négociations. (Mathieu Bion)

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