Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a estimé, vendredi 9 septembre, que le conflit en Ukraine entrait dans une phase critique alors que les forces ukrainiennes semblent reprendre du terrain.
« La guerre en Ukraine entre dans une phase critique. Les forces ukrainiennes ont réussi à bloquer l'offensive de Moscou dans le Donbass, à riposter derrière les lignes russes et à reprendre des territoires. Ces derniers jours, nous avons constaté de nouveaux progrès dans le sud, à Kherson, et dans l'est, dans la région de Kharkiv », a-t-il résumé lors d’une conférence de presse en compagnie du secrétaire d’État américain, Antony Blinken, à l’issue d’un Conseil de l’Atlantique Nord. M. Blinken revenait d'un déplacement en Ukraine.
« Il est trop tôt pour dire exactement où (cette contre-offensive) va aller, quand cela va arriver et où cela va finir. Mais je pense que nous pouvons dire que l'Ukraine avance de manière très délibérée, avec un plan solide et, surtout, grâce aux ressources que beaucoup d'entre nous fournissent », a ajouté le secrétaire d'État américain.
Malgré les avancées ukrainiennes, MM. Stoltenberg et Blinken ont prévenu que le conflit allait durer. Selon le secrétaire général de l’OTAN, les progrès de l’armée ukrainienne montrent, entre autres, que le soutien des Alliés « fait une différence au quotidien sur le champ de bataille ».
Il a appelé les Alliés à renforcer leur soutien militaire à l’Ukraine, notamment des équipements pour affronter l’hiver. M. Stoltenberg a rappelé que la veille, le groupe de contact sur la défense de l'Ukraine, à Ramstein, avait convenu de l'importance d'intensifier et de maintenir ce soutien militaire, « afin que l'Ukraine s'impose comme un État souverain indépendant ».
Pour M. Blinken, la diplomatie est le seul moyen de mettre définitivement fin à l'agression russe et si, pour l’instant, il n’y a pas d’indication que la Russie veut négocier, « lorsque le temps viendra, l'Ukraine devra être dans la position la plus forte possible ».
Alors que la Russie utilise l’énergie comme une arme, M. Stoltenberg a prévenu que, « dans les prochains mois », l’unité et la solidarité des alliés allaient être testées avec la pression sur la fourniture de l’énergie et l’envolée du coût de la vie, causées par la guerre en Russie. Mais « le prix que nous payons se mesure en argent alors que le prix que paient les Ukrainiens se mesure en vies », a-t-il rappelé. M. Blinken a promis que les États-Unis ne laisseraient pas les Européens dans le froid. (Camille-Cerise Gessant)