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Bulletin Quotidien Europe N° 13010
Invasion Russe de l'Ukraine / Affaires intÉrieures

Visas de court séjour pour les citoyens russes, les discussions des Vingt-sept promettent d'être difficiles

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis informellement à Prague mercredi 31 août, vont avoir une discussion difficile sur l’éventuelle suspension de l’octroi de visas Schengen pour les citoyens russes, demandée notamment par la Finlande, la Pologne ou les pays baltes, mais à laquelle s’opposent d’autres pays comme l’Allemagne, la France ou le Luxembourg.

Alors que le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a appelé sur Twitter le 30 août les Vingt-sept à suspendre l’octroi de visas pour tous les citoyens russes (les diplomates, les proches du régime et les chefs d’entreprise ont déjà été privés de la facilitation des visas en février dans le cadre de sanctions contre la Russie, NDLR), le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, quant à lui, a critiqué mardi soir, en arrivant à la réunion, une mesure « collective » qui enverrait un mauvais signal aux citoyens russes qui ne soutiennent pas la guerre de Vladimir Poutine et ne peuvent pas non plus manifester démocratiquement dans le pays.

C’est l’argument également défendu par Paris et Berlin qui, dans un document conjoint vu par EUROPE, s’opposent à une interdiction de la délivrance de visas pour tous les citoyens russes et expriment leur souhait de garder des voies d’entrée légales pour les artistes, scientifiques, étudiants ou encore les personnes opposées au régime de Vladimir Poutine qui doivent pouvoir continuer à venir dans l’UE.

Estimant que l’UE doit gagner la bataille « des cœurs et des esprits » dans la population russe, les deux capitales jugent ainsi crucial de maintenir un cadre légal de visas pour ces personnes, leur venue dans l’UE ayant un « pouvoir de transformation » de la société russe, et mettent en garde contre une réduction drastique des visas.

Les ministres letton et finlandais ont en tout cas espéré mardi que les Vingt-sept arriveront à une « unité » et une position commune sur le sujet alors que plusieurs pays, dont les pays baltes, mais aussi la Slovaquie, ont déjà réduit la délivrance de visas aux citoyens russes depuis le début de la guerre.

« J'espère qu'en ce qui concerne les visas, les grands pays comprendront qu'il doit y avoir plus de restrictions sur les voyages des citoyens russes, car il n'est pas nécessaire de se cacher derrière l'idée de la diplomatie des peuples », a réagi le Letton Artis Pabriks.

Les pays baltes et la Finlande, qui militent pour une suspension de l’accord de facilitation des visas de 2007 avec la Russie, ont toutefois indiqué qu’ils délivreraient toujours des visas, notamment humanitaires, pour les personnes souhaitant fuir le régime et la guerre menée par Poutine.

Aucune décision formelle n'est attendue mercredi, mais les pays à l'initiative de cette discussion sur les visas des citoyens russes espèrent partir de Prague avec un feu vert politique de leurs partenaires. (Solenn Paulic avec Camille-Cerise Gessant)

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