L’Alliance atlantique et l’Ukraine ont renforcé leur coopération cybernétique, lundi 17 janvier, en signant un mémorandum d'accord renouvelé pour poursuivre la collaboration entre l’agence de l’OTAN pour la communication et l’information et Kiev sur des projets liés à la technologie.
Cette signature intervient après une attaque informatique qui a touché plusieurs sites internet gouvernementaux ukrainiens dans la nuit du 14 au 15 janvier, attaque condamnée par l’OTAN et l’UE (EUROPE 12869/2).
Selon l’Alliance, cet accord renouvelé doit permettre d’aider l’Ukraine à moderniser ses services de technologies de l'information et de communications, tout en identifiant les domaines dans lesquels une formation pourrait être nécessaire pour son personnel. « Avec le soutien de l'OTAN, nous prévoyons d'introduire davantage de technologies et de services d'information modernes dans le système de commandement et de contrôle des forces armées ukrainiennes », a expliqué la chef de la mission de l’Ukraine auprès de l’Alliance, Nataliia Galibarenko.
À la suite de l’attaque attribuée par Kiev à la Russie, mais que nie le Kremlin, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, avait aussi proposé l’aide de l’Union. Une proposition réitérée dans la déclaration commune au nom des Vingt-sept publiée le 14 janvier dans la soirée. « L'UE et ses États membres sont en contact avec l'Ukraine et sont prêts à lui fournir une assistance technique supplémentaire, directe, pour remédier à cette attaque et la soutenir davantage contre toute action déstabilisatrice, notamment en renforçant encore sa résilience face aux menaces hybrides et cybernétiques », précise la déclaration (https://bit.ly/3FFYYRr ).
La cyberattaque est intervenue alors que les ministres européens des Affaires étrangères étaient réunis à Brest pour discuter du renforcement du dispositif militaire russe autour de l’Ukraine. Lors de la réunion, ils sont convenus de dix principes sur la gestion de la situation, y compris la coordination avec les États-Unis (EUROPE 12869/2).
Dans la lignée de ces principes, le Haut Représentant de l’UE s’est entretenu, samedi 15 janvier, avec le secrétaire d’État américain, Antony Blinken. Selon un communiqué du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), ils se sont « informés mutuellement des derniers engagements diplomatiques concernant les tentatives de la Russie de redéfinir les arrangements de sécurité en Europe ».
MM. Borrell et Blinken ont passé en revue les préparatifs en cours concernant les mesures de dissuasion et une réaction internationale vigoureuse avec des conséquences massives pour la Russie en cas de nouvelle agression contre l'Ukraine. « Une agression russe contre l'Ukraine aura des conséquences rapides, sévères et coordonnées », a prévenu M. Blinken, selon le communiqué du Département d’État.
Le Haut Représentant et le secrétaire d’État ont rappelé, selon la partie européenne, que l’Union et les États-Unis restaient ouverts au dialogue avec la Russie, mais jamais au détriment de la liberté, de la souveraineté et de l'indépendance des membres de la communauté transatlantique et de leurs partenaires ni du respect des valeurs fondamentales et des obligations internationales pertinentes. (Camille-Cerise Gessant)