Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a précisé, lundi 17 janvier, les thèmes que les dirigeants de l'Union européenne devraient aborder lors du sommet européen extraordinaire des 10 et 11 mars.
Nous devons « bâtir une nouvelle prospérité européenne » en tenant compte de l'expérience de la pandémie de Covid-19, a déclaré le président en exercice du Conseil 'Écofin' à son arrivée à l'Eurogroupe à Bruxelles. Cela passe, selon lui, par « plus d'investissement, plus de justice et plus d'innovation ».
Dans un entretien accordé à plusieurs quotidiens européens, le ministre français a évoqué la séquence suivante lors du sommet - dont la localisation n'a pas été arrêtée. Au déjeuner, les Vingt-sept s'interrogeront d'abord sur la façon de garantir l'indépendance de l'Europe par rapport à la Chine et aux États-Unis et sur les politiques à mener pour préparer l'Europe aux défis de 2030.
« Nous voulons examiner tous les aspects : les politiques fiscales, budgétaires, les soutiens à l'industrie, à la croissance, aux investissements, aux nouvelles technologies, à la transition 'verte' », a-t-il indiqué.
Une deuxième session de travail sera consacrée au secteur financier et sa capacité à « financer l'innovation », parce que, selon le ministre, « il y a un déficit de financement pour les plus grands investissements dans les biotechnologies, l'intelligence artificielle, le cloud », avec en toile de fond le parachèvement de l'union bancaire en zone euro et la montée en puissance de l'union des marchés de capitaux.
Une troisième session de travail sera consacrée à la prise de risque. « Je crains que la réticence à l'égard des risques et à l'innovation en Europe mette en péril notre croissance », a dit M. Le Maire, annonçant la participation à cet atelier du dirigeant du fabricant de vaccins anti-Covid-19 Moderna, Stéphane Bancel.
Une session finale abordera les transitions climatique et numérique, notamment la manière d'éviter le creusement des inégalités au cours de ce processus. (Mathieu Bion)