La Fédération bancaire européenne (ou EBF, European Banking Federation) a fait part, mercredi 12 janvier, de quelques réserves sur la proposition de la Commission européenne concernant le paquet anti-blanchiment d’argent attendu pour 2023.
L’EBF estime qu’« un changement de paradigme est nécessaire ». L’approche actuelle, considérée comme « légaliste et bureaucratique », génère, selon la fédération, des flux massifs de données non pertinentes que les cellules de renseignement financier ne peuvent pas exploiter de manière efficace.
L'organisation estime que le paquet proposé le 20 juillet 2021 remédiera à « la fragmentation actuelle de la réglementation et de la surveillance » ; elle encourage une plus grande transparence des prestataires de services cryptoactifs. L’EBF salue également la standardisation des informations-clés relatives à l’identité des clients et la mise en place de l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA).
Elle déplore cependant une approche trop prescriptive et craint que la marge de manœuvre laissée aux États membres pour l’adoption de mesures supplémentaires ne conduise à une surréglementation et réintroduise ainsi la fragmentation.
Pour ce qui est des registres des bénéficiaires effectifs (UBO), ils « doivent non seulement être harmonisés et interconnectés, mais également renforcés de manière significative », recommande-t-elle. Elle souhaiterait que l’on « tire parti des nouvelles technologies et impliquer tous les acteurs du cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux, y compris les services répressifs et les partenariats public-privé ». (Anne Damiani)