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Bulletin Quotidien Europe N° 12867
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Le Conseil OTAN/Russie met en avant les désaccords, mais aussi la volonté de dialogue

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, n’a pas caché, mercredi 12 janvier, les désaccords entre les Alliés et la Russie, à l’issue du Conseil réunissant les deux parties à Bruxelles, tout en soulignant la volonté de discuter.

« Nous avons eu un échange très sérieux et direct sur la situation en Ukraine et autour du pays et les implications pour la sécurité européenne. Il existe des différences importantes entre les Alliés de l'OTAN et la Russie sur ces questions », a-t-il expliqué aux médias. M. Stoltenberg a reconnu que les différences entre les parties ne seraient « pas faciles à surmonter ».

Le négociateur russe, Alexandre Grouchko, a, lui aussi, expliqué qu'il y avait « quantité de divergences sur des questions fondamentales ».

Selon le secrétaire général de l'OTAN, la partie russe a évoqué les propositions qu’elle avait publiées en décembre et visant à répondre à ses préoccupations en matière de sécurité, qui comportent, entre autres, la demande de ne plus admettre de nouveaux membres dans l'OTAN et le retrait des forces de l’Alliance des pays alliés orientaux.

De leur côté, les Alliés ont réaffirmé la politique de la porte ouverte de leur organisation et le droit pour chaque nation de choisir ses propres arrangements de sécurité et qu'ils ne renonceraient pas à leur capacité de se protéger et de se défendre mutuellement, y compris avec la présence de troupes dans la partie orientale de l'Alliance, a détaillé le secrétaire général, révélant les différences de points de vue des deux parties.

Malgré les oppositions, tant la Russie que les Alliés ont exprimé la nécessité de reprendre le dialogue et d'étudier un calendrier de réunions futures, a annoncé M. Stoltenberg. Il a toutefois précisé que la délégation russe n’avait pas été prête, pendant la réunion, à convenir d’un calendrier ou de réunions alors que les Alliés avaient clairement indiqué qu’ils étaient prêts à programmer une série de réunions pour aborder des sujets tels que les missiles.

Selon M. Grouchko, cependant, la Russie et l'OTAN n'ont pas d'agenda positif, avertissant que la détérioration continue de la situation pourrait conduire aux « conséquences les plus imprévisibles et les plus graves pour la sécurité européenne ».

Nombreux sujets de discussion possibles

« Les Alliés sont lucides quant aux perspectives de progrès de ces pourparlers », a expliqué M. Stoltenberg, tout en promettant que ces derniers ne ménageraient aucun effort pour trouver une issue politique à la crise. Selon lui, si les Alliés sont prêts à rencontrer à nouveau la Russie pour des discussions plus approfondies, mettre sur la table des propositions concrètes et rechercher des résultats constructifs, ils ne sont « pas prêts à transiger sur le principe fondamental de la sécurité européenne : tous les pays ont le droit de choisir leur propre voie ». 

Le secrétaire général a détaillé les souhaits des Alliés, qui aimeraient, entre autres, discuter des moyens concrets d'accroître la transparence des exercices militaires, de prévenir les incidents militaires dangereux et de réduire les menaces spatiales et cybernétiques. La maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération, y compris pour aborder les limitations réciproques des missiles et les politiques nucléaires pourraient aussi être abordés. De plus, selon M. Stoltenberg les membres de l’OTAN souhaiteraient étudier les moyens d'améliorer les canaux de communication civils et militaires et la possibilité de rétablir nos bureaux respectifs à Moscou et à Bruxelles, fermés en octobre à la suite d’une décision russe (EUROPE 12814/26).

Au-delà des propositions, les Alliés ont rappelé leur « grave préoccupation » concernant le renforcement des capacités militaires russes en Ukraine et dans les environs, appelant de nouveau Moscou à désamorcer immédiatement la situation et à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de ses voisins. La Russie doit s’abstenir de toute posture de force agressive et de toute activité malveillante à l'encontre des Alliés et se conformer à toutes ses obligations et à tous ses engagements internationaux, ont-ils ajouté, selon M. Stoltenberg.

Établir une position européenne

De leur côté, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l’UE essayeront, jeudi 13 et vendredi 14 janvier, lors de leurs réunions informelles à Brest, de définir une position unique sur l’architecture sécuritaire de l’Europe.

Les ambassadeurs des États membres de l’UE au sein du Comité politique et de sécurité avaient été informés, mardi 11 janvier, par la vice-secrétaire d’État américaine, Wendy Sherman, sur les discussions entre les États-Unis et la Russie tenues le 10 janvier. Mme Sherman a également rencontré, le 11, le secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure, Stefano Sannino.

« En collaboration avec les États-Unis et l'OTAN, l'UE doit maintenant définir ce que nous pouvons faire pour maintenir l'ordre de sécurité de l'Europe et les principes qui le sous-tendent - qui sont clairement menacés aujourd'hui », a ainsi souligné sur son blog le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, mercredi 12 janvier. Selon lui, les ministres européens doivent parvenir à une position « unitaire » de l’UE et justifier leur rôle « en l'étayant par des pistes d'action concrètes, c'est-à-dire pas seulement sur ce que nous pensons ou voulons, mais sur ce que nous avons l'intention de faire ».

M. Borrell a mis en avant plusieurs idées : une discussion avec la Russie sur les arrangements de sécurité en Europe et la manière de les améliorer, la mise en place d'un mécanisme de gestion de crise plus efficace avec la Russie et des mécanismes permanents et opérationnels de prévention des conflits ainsi que des mesures de confiance afin que le comportement de toutes les parties ne soit pas mal interprété, notamment en ce qui concerne les manœuvres militaires. (Camille-Cerise Gessant)

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