Les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen ont estimé, lundi 10 janvier, que des mesures s’imposent pour éviter les attaques de loups, qui font des dégâts dans les troupeaux d’élevage dans l’UE.
Le président de la commission de l’agriculture du PE, Norbert Lins (PPE, allemand), a regretté que la commission de l’environnement du PE n’ait pas voulu s’associer au débat sur le sujet et à la rédaction d’un projet de résolution. D’où l’initiative prise par la commission de l’agriculture seule de présenter un projet de résolution de Herbert Dorfmann (PPE, italien) sur la protection de l'élevage et des loups en Europe.
Nobert Lins a demandé une révision de la directive de 1992 (92/43/CEE) concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore, « car la situation dans les années 90 était différente de celle d’aujourd’hui ».
M. Dorfmann a estimé que, dans certaines régions d’Europe, la présence de grands carnivores menace la biodiversité et l’élevage, notamment de moutons. La protection des troupeaux d’élevage est essentielle, selon M. Dorfmann, qui a jugé important de réguler la population de loups dans certaines régions.
Paolo De Castro (S&D, italien) a estimé que la Commission européenne devait prendre les mesures nécessaires.
Anne Sander (PPE, française) a défendu une révision de la directive 'Habitats' pour transférer le loup, l'ours et le lynx de l'annexe 4 à 5, pour assurer la pérennité des traditions pastorales.
Les attaques de troupeaux sévissent notamment en Roumanie, en France, en Autriche et en Allemagne, a dit Daniel Buda (PPE, roumain). Irène Tolleret (Renew Europe, française) a fait part du « désespoir » du côté des éleveurs, face à la recrudescence des attaques de loups.
Il faut tenir compte des diversités régionales, a nuancé Martin Häusling (Verts/ALE, allemand), qui a reconnu que le loup doit pouvoir être abattu « lorsqu’il pose problème ». « La réintroduction du loup est un succès de la politique européenne », a estimé M. Häusling, qui a aussi plaidé aussi pour un dédommagement « digne » des éleveurs.
« 12 000 brebis ont été perdues en France », a déploré Jérémy Decerle (Renew Europe, français), qui a parlé d'un « échec » de la politique de gestion des loups et d'un succès s'agissant de leur réintroduction.
Anja Hazekamp (La Gauche, néerlandaise) a critiqué le fait que la commission de l’agriculture dépose un projet de résolution dans un domaine « où elle n’a aucune compétence ». Elle a défendu la population des loups et des mécanismes de prévention et de compensation, si nécessaire.
« On assiste à une recolonisation des zones rurales et même de certaines zones urbaines, avec des loups, des ours, et même des lynx qui commencent à apparaître dans des lieux où on ne les avait pas vus depuis des décennies », expliquent les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca) dans une tribune (opinion piece) sur le sujet.
Lien vers le projet de résolution : https://bit.ly/3r3DWHj (Lionel Changeur)