De retour de la pause estivale, l’eurodéputée Chrysoula Zacharopoulou (Renew Europe, française) présentera aux commissions du Parlement européen consacrées au développement (DEVE) et à l’égalité de genre (FEMM) un projet de rapport sur le 'Plan d'action 2021-2025 pour l'égalité de genre dans les relations extérieures de l’UE' (GAP III – EUROPE 12609/20).
Dans son projet de rapport, déposé le 21 juillet dernier, l'eurodéputée, également gynécologue-chirurgienne, fait la part belle à l’accès des femmes aux soins de santé sexuels et génésiques – soins qu'elle présente comme « un enjeu de santé publique, et non un débat religieux, politique ou idéologique ».
L’accès universel à ces soins « permet entre autres de réduire le nombre de grossesses précoces, la mortalité maternelle et infantile, de lutter contre le VIH et d’autres maladies sexuellement transmissibles ainsi que contre des cancers facilement éliminables comme celui du col de l’utérus », souligne-t-elle.
Elle demande donc que le GAP III accorde davantage d’importance à ces droits et plaide pour qu’un « financement adéquat leur soit dédié » dans le cadre du budget européen 2021-2027 et, plus précisément, via l’instrument budgétaire consacré au voisinage de l’UE et au monde (110,6 milliards d’euros aux prix de 2018).
L’eurodéputée insiste également sur la nécessité de mettre à contribution le GAP III pour assurer un accès universel aux traitements des maladies féminines et lutter contre l’absentéisme scolaire des filles pendant leurs menstruations, « en renforçant les dispositifs liés à l’hygiène menstruelle dans les écoles et contre la stigmatisation », notamment.
Elle insiste enfin sur le fait qu’une montée des discours conservateurs et des groupes organisés menaçant le respect des droits sexuels et reproductifs est aujourd'hui à l’œuvre, à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de l’Union (EUROPE 12745/7).
Diplomatie féministe
Le projet de rapport, qui accueille globalement de manière très positive le plan d’action, balaie toute une série de domaines plus vastes, allant de la lutte contre les violences de genre à l’égalité économique et sociale.
Il prône, par exemple, le financement de programmes encourageant la participation des femmes à la vie politique, réclame que des mesures soient prises afin de garantir la présence des filles et des femmes dans les métiers scientifiques et techniques, plaide pour une plus grande implication de ces dernières dans le développement de l’intelligence artificielle. Et ce, afin de lutter contre la perpétuation de stéréotypes de genre.
« L’Union européenne doit porter cette diplomatie féministe, mais, pour être crédible vis-à-vis du monde, elle doit également respecter les droits et la dignité des femmes à l’intérieur de ses frontières », conclut Mme Zacharopoulou, qui « déplore » par ailleurs que les Vingt-sept, pour leur part, n’aient pas été en mesure d’adopter à l’unanimité leur position sur le plan d’action.
La Pologne, la Hongrie et la Bulgarie, ennuyées par l’emploi du mot « genre », avaient en effet refusé d’apporter leur soutien au projet de conclusions (EUROPE 12624/33).
Pour consulter le projet de rapport de Mme Zacharopoulou : https://bit.ly/3j2U48a (Agathe Cherki)