Les partis politiques géorgiens ont refusé, mercredi 31 mars, la proposition d’accord du médiateur européen, Christian Danielsson, envoyé spécial du président du Conseil européen, Charles Michel.
« Aucun des partis politiques n'a pu accepter cette solution dans son ensemble », a regretté M. Danielsson. Lors d'un point presse à Tbilissi, il a rappelé qu’une solution à la crise actuelle existait, mais qu'elle exigeait « un courage et une responsabilité politiques ».
« Être au rendez-vous de ses aspirations européennes demande un esprit de compromis, spécialement de la part du parti au pouvoir, afin de sortir le pays de la crise », a-t-il prévenu, regrettant que cette volonté n'ait pas été autour de la table. Le gouvernement géorgien entend déposer sa candidature pour une adhésion à l'UE en 2024.
Cependant, « il y a eu un certain accord sur la nécessité de réformes électorales, sur la réforme du système judiciaire et sur le partage du pouvoir au Parlement. C'est positif et il faut continuer à y travailler », a expliqué l'envoyé spécial.
Il a annoncé qu’il allait rendre compte au Président Michel des développements de ces derniers jours et qu’il appartiendrait à ce dernier de décider des prochaines étapes et du calendrier de ces étapes.
Selon cette proposition, les partis s’engageaient à « mettre fin au conflit politique actuel et faire progresser le programme de la Géorgie en matière de démocratie et d'État de droit par des réformes politiques, judiciaires et de lutte contre la corruption ».
Ils devaient aussi « permettre (au) pays de rester fort et uni pour relever les défis sanitaires et économiques posés par la pandémie de Covid-19 », d’assurer les intérêts du pays en matière de sécurité et de stabilité au milieu des défis régionaux et d’agir avec une détermination « accrue » pour répondre aux aspirations européennes et euro-atlantiques de la Géorgie.
Enfin, les partis politiques devaient entrer au Parlement, participer pleinement aux travaux parlementaires et exercer leurs fonctions jusqu'aux prochaines élections parlementaires « dans le respect mutuel et en reconnaissant l'importance de l'unité dans l'intérêt de la stabilité de la Géorgie ».
Les propositions, accompagnées d'un calendrier, portaient plus précisément sur la lutte contre les perceptions d’une justice politisée, une réforme électorale ambitieuse, l’État de droit et la réforme du système judiciaire, le partage du pouvoir au sein du Parlement et, enfin, les futures élections.
Voir la proposition : https://bit.ly/3mbhsBh (Camille-Cerise Gessant)