Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé Ankara à faire preuve de retenue, aux premières heures de l’opération turque dans le nord-est de la Syrie (EUROPE 12343/13).
Quelques minutes plus tôt, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait annoncé que les forces armées turques et l'armée nationale syrienne (qui n’est pas l’armée syrienne) venaient de lancer l'opération Peace Spring contre « les terroristes du PKK/YPG et de Daesh », avec pour objectif de « neutraliser les menaces terroristes contre la Turquie et conduire à la création d'une zone sûre, facilitant le retour des réfugiés syriens dans leurs foyers ».
« La Turquie a des problèmes de sécurité à sa frontière avec la Syrie. Toutefois, j'appelle la Turquie et d'autres acteurs à agir avec retenue et à mettre un terme aux opérations qui sont déjà en cours », a souligné M. Juncker lors d’un débat au Parlement européen.
Selon le président de la Commission, cette action militaire ne donnera pas de bons résultats. « Nous devons attirer l'attention de nos amis turcs sur ce point », a-t-il estimé. « Si le plan turc prévoit la création d'une zone dite de sécurité, n'attendez pas de l’UE qu’elle paie pour celle-ci », a-t-il lancé en direction des autorités turques.
Un débat au Parlement européen en présence de la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité sur cette offensive turque dans le nord-est de la Syrie était prévu dans la soirée du 9 octobre (EUROPE y reviendra).
À l'OTAN, le secrétaire général, Jens Stoltenberg, a précisé compter sur la Turquie, membre de l’Alliance, pour qu’elle agisse avec retenue et veille à ce que les progrès réalisés dans la lutte contre l’organisation État islamique ne soient pas compromis. Il a annoncé qu’il discuterait de ce sujet avec M. Erdogan vendredi, lors de sa visite en Turquie. (Camille-Cerise Gessant)