La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a estimé, mardi 8 et mercredi 9 octobre, dans des discours au Collège d’Europe et à la Fondation européenne d’études progressistes, que la question migratoire avait été un des sujets les plus difficiles à traiter pendant son mandat, mais que le développement de ses aspects extérieurs était un des bons résultats qu'elle avait obtenu.
« Nous avons construit la dimension extérieure de la toute première politique migratoire de l'UE », a estimé Mme Mogherini. « Lorsque je suis arrivée, j'ai découvert avec beaucoup de surprise que (la migration n’était) tout simplement pas une question européenne et certainement pas une question de politique étrangère », a-t-elle rappelé, précisant qu’au cours de son mandat, l’UE avait élaboré une politique extérieure « efficace » en matière de migration.
Pourtant, Mme Mogherini a rappelé qu’un des moments les plus difficiles pour elle avait été, en 2015, lorsque, toutes ses conversations avec ses homologues portaient sur la crise migratoire. « À ce moment-là, mon travail a commencé à devenir presque impossible », a-t-elle expliqué. « Pendant quelques mois, il a été presque impossible d’avoir une conversation civilisée avec n’importe quel partenaire, car le point de départ était ‘n’avez-vous pas honte de paniquer de cette façon devant quelques centaines de milliers de personnes arrivant en Europe ?' », a-t-elle expliqué.
L’UE a notamment mis en place l’opération EUNAVFOR Med Sophia, « l'une des choses dont je suis la plus fière », a admis la Haute Représentante, tout en reconnaissant que la décision des États membres de retirer les moyens navals de l’opération maritime était « une grosse erreur ».
Mme Mogherini a ajouté que, pour remédier aux décès dans les eaux territoriales libyennes, l’UE avait décidé de former les garde-côtes libyens, tout en reconnaissant qu'ils étaient « loin d’être parfaits ».
Par ailleurs, la Haute Représentante a cité deux autres domaines de réussite : l'Europe de la Défense et la protection, voire parfois le renforcement du multilatéralisme. (Camille-Cerise Gessant)