Les émissions des compagnies aériennes en Europe augmenteront de 683 millions de tonnes de CO2 en dix ans – l’équivalent des émissions de la France et la Pologne réunies - si l'UE abandonne ses propres mesures de lutte contre les émissions de CO2 de l'aviation dans le cadre de l'ETS au profit de CORSIA, a prévenu Transport & Environment (T&E), lundi 23 septembre.
Livrant le fruit d'une étude indépendante à la veille de l'ouverture de l'Assemblée générale de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) à Montréal, l'ONG exhorte les gouvernements des États membres de l'UE à résister à l'OACI, qui s'apprête à voter une résolution pour faire de CORSIA une mesure de marché exclusive au niveau mondial.
L'étude montre que s’appuyer sur le seul CORSIA empêcherait l'UE de tenir ses engagements au titre de l'Accord de Paris et l'économie mondiale d'atteindre zéro émission nette d'ici 2050 au plus tard. L'ETS impose aux compagnies aériennes de payer pour les émissions de tous les vols en Europe.
« Le système de compensation de l'ONU permettra aux compagnies aériennes en Europe de continuer à augmenter leurs émissions en contrepartie de compensations bon marché payées à d'autres compagnies », commente Andrew Murphy, expert chez T&E.
Aux termes de la position adoptée le 20 septembre par le Conseil, l'UE compte se réserver le droit de faire plus que CORSIA avec son ETS pour les vols intraeuropéens. (Aminata Niang)