À l'occasion du cinquième anniversaire de la déclaration de New York sur les forêts, célébré en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a assuré de la détermination de l'UE à contribuer à la préservation des forêts mondiales et à la reforestation.
Les forêts peuvent « provoquer un changement systémique pour le bénéfice de tous », a-t-il estimé, espérant que les incendies en Amazonie puissent créer un sursaut salutaire comparable à celui qui, « sous la pression de l'opinion publique », a provoqué dans l'UE l'interdiction des plastiques à usage unique pour la survie des océans. « Nous avons réussi en un temps record. »
Celui qui est le premier vice-président exécutif désigné de la Commission von der Leyen responsable du Green Deal européen, a assuré que, s'il est confirmé, il fera « de son mieux » pour la lutte contre la déforestation et la reforestation. « Si nous pouvons faire les deux au niveau mondial, nous pourrons déplacer les montagnes », a-t-il dit.
Et de présenter les cinq priorités du cadre d'action de l'UE pour intensifier la lutte contre la déforestation dans les années qui viennent :
- réduire la consommation de l'UE et son empreinte sur les terres, encourager la consommation de produits provenant de chaînes d'approvisionnement exemptes de déforestation. « Chaque consommateur dans l'UE a le droit de savoir si le produit qu’il achète a causé de la déforestation ou non. Il faudra un étiquetage. Le marché ne s'en souciera pas. Il nous faut une législation (...) Le néolibéralisme tue la planète. Il faudra corriger cela par une réglementation, poussée par le public », a affirmé M. Timmermans.
- travailler en partenariat avec les pays tiers producteurs pour réduire la pression sur les forêts. « Il n'y a pas un dirigeant qui puisse dire que cette question est une question de souveraineté. C'est une question de bien public », a-t-il commenté, sans citer nommément Jair Bolsonaro ;
- renforcer la coopération internationale et encourager la reforestation au niveau mondial et en Europe pour « créer des puits de carbone, dans les villes aussi » ;
- rediriger les flux financiers afin qu'ils soutiennent exclusivement des pratiques d'utilisation durable des sols, ce qui exige que l'UE repense la PAC pour accélérer ses efforts ;
- garantir un meilleur accès à l'information sur les forêts et la chaîne d'approvisionnement en produits de base et soutenir la recherche et l'innovation. Cela suppose l'établissement d'un observatoire de la déforestation qui permettra d'améliorer les connaissances et de mieux sensibiliser le public. (Aminata Niang)