La déclaration commune des chefs d’État ou de gouvernement des pays du G7, document d’une page, adoptée à l’issue du Sommet de Biarritz, lundi 26 août, constitue une innovation : elle a été écrite directement par les leaders, sans passer par un long processus de préparation technique en amont du sommet.
Le président français, Emmanuel Macron, qui assurait la présidence annuelle du groupe informel, voulait éviter que se renouvelle l’incident diplomatique du sommet de Charlevoix en 2018, quand le président américain, Donald Trump, avait refusé de signer le communiqué final (EUROPE 12038/15). M. Macron avait alors décidé de partir d’« une feuille blanche » pour un éventuel communiqué final et de proposer une série de déclarations thématiques (EUROPE 12311/1).
Habituellement, les leaders s’entretiennent sur la base d’un projet de texte préparé par les 'sherpas', une situation qui frustre parfois les chefs d’État ou de gouvernement, aux dires d’une haute source diplomatique.
Cette fois, M. Macron a souhaité bâtir un texte sur la base des contributions des 'sherpas', des réunions bilatérales, parfois au niveau ministériel, et surtout au gré des échanges tenus entre leaders à Biarritz.
Ainsi, le texte a été écrit durant la séance de clôture, lundi après-midi. Ce serait le président français lui-même, se fondant peut-être sur son expérience d’ancien sherpa, qui aurait rédigé les termes de la déclaration finale en collaboration avec ses homologues épaulés par leurs 'sherpas' (selon le format 1+1), nous a confié une autre source. « C'était un moment d'intelligence collective », selon elle.
Ce système d’écriture « fluide et dynamique », salué par plusieurs observateurs diplomatiques, a permis d’enregistrer certaines avancées. Sur la question commerciale, a été ajouté – en plus de la volonté de moderniser l’OMC – l’engagement du G7 à trouver un accord en 2020 pour simplifier les barrières règlementaires et à moderniser la fiscalité internationale dans le cadre de l’OCDE.
Voir EUROPE 12313 sur les résultats du sommet.
Voir la déclaration du G7 : http://bit.ly/2U44jfk (Pascal Hansens)