Les ambassadeurs des 28 États membres (Coreper) ont discuté, mercredi 10 juillet, des mesures que l’UE pourrait prendre en représailles des activités illégales de forage de la Turquie dans la zone économique exclusive de Chypre (EUROPE 12291/32). Ces discussions vont se poursuivre le jeudi 11.
Les ambassadeurs ont discuté des options présentées par le Service européen pour l’action extérieure et la Commission européenne, comme demandées par le Conseil Affaires générales le 18 juin (EUROPE 12277/7) et le Conseil européen le 21 (EUROPE 12279/3).
Selon une source européenne, les Européens se dirigeraient vers une cessation des comités mixtes – avec peut-être quelques exceptions, notamment celui sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme – et une diminution, une nouvelle fois, des fonds de préadhésion. Cette réduction, liée au budget communautaire, nécessite l’accord du Conseil de l'UE et du Parlement européen. Le 18 juin, le commissaire aux Négociations d’élargissement, Johannes Hahn, avait cité ces mesures comme des options envisageables.
Selon Bloomberg, les mesures proposées porteraient aussi sur la limitation des prêts garantis par la Banque européenne d'investissement en Turquie ou encore la suspension des négociations en cours sur un accord aérien.
Si les conclusions du Conseil européen mentionnaient la possibilité de « mesures ciblées » - sous-entendu des sanctions -, celles-ci restent sur la table, mais ne sont, pour l’instant, pas à l’ordre du jour, selon une source européenne. Les États membres souhaiteraient mettre en place une approche graduée de la réaction européenne.
« Mercredi 10 juillet, il s’agissait d’un premier échange de vues », a précisé une source diplomatique à EUROPE. « Les discussions vont se poursuivre jeudi 11 en vue d’avoir un texte au Conseil 'Affaires étrangères' » du 15 juillet, a-t-elle ajouté, précisant que les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité se saisiraient de la question jeudi dans l’après-midi.
Ce point a été ajouté aux 'questions d’actualité' à l'ordre du jour du Conseil des ministres des Affaires étrangères du 15 juillet. (Camille-Cerise Gessant)