Le test de résistance (‘stress test’) 2018 réalisé par l’Autorité bancaire européenne (ABE) afin d’évaluer la résilience du système financier et des banques de l'UE en cas de chocs tels qu'une grave récession ou un krach boursier aurait dû être plus « sévère », d’après un rapport de la Cour des comptes européenne (CCE) publié mercredi 10 juillet.
Selon cette dernière, les chocs simulés étaient en réalité moins violents que ceux subis lors de la crise financière de 2008 et le scénario défavorable utilisé ne reflétait pas de manière satisfaisante l'ensemble des risques systémiques pour le système financier de l'Union.
« Lors des tests de résistance, les banques européennes auraient dû être soumises à des chocs financiers plus violents », a ainsi résumé M. Neven Mates, membre de la CCE responsable du rapport.
Le rapport met également en lumière plusieurs autres faiblesses relatives soit au test en tant que tel, soit au fonctionnement de l’ABE.
Pour la Cour des comptes, l’un des principaux problèmes du test est qu’il est basé sur une approche « Bottom-up » plutôt que « Top-down ». En effet, au lieu de vérifier elle-même la manière dont les banques avaient estimé l'impact du test, l'ABE a décidé de s'appuyer entièrement sur les autorités nationales de surveillance pour effectuer ce contrôle.
Au sens de la CCE, cette décision s’explique notamment par le manque de ressources de l’ABE. « Pour ce test de résistance, l'ABE n'a pu affecter que sept équivalents temps plein [...] Elle a dû compter sur les autres », a ainsi expliqué M. Mates.
Une autre explication résiderait dans la structure de gouvernance de l’ABE. Celle-ci « est dotée d'un conseil d'administration dans lequel siègent des représentants des autorités nationales de surveillance. Il n'y a personne [parmi les membres du CA] qui est nommé par les organes européens et qui garantirait la perspective et les intérêts européens », a déploré M. Mates.
Afin d’éviter que les futurs tests ne présentent les mêmes lacunes, la Cour conseille donc à la Commission européenne de revoir, en les renforçant, les dispositions en matière de gouvernance de l'ABE et d’accroître les ressources de cette dernière.
En outre, elle recommande en particulier à l’ABE : (1) d’assurer une plus grande couverture géographique lors du choix des banques à soumettre aux tests et de sélectionner celles-ci aussi en fonction des risques systémiques qu'elles présentent et pas uniquement de leur taille ; (2) d’adopter une approche « Top-down » plutôt que « Bottom-up » en renforçant son contrôle sur le processus d'élaboration du test de résistance ainsi que sa stratégie en matière de surveillance.
Pour consulter le rapport : https://bit.ly/2G3rFvG (Damien Genicot - stage)