La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, lundi 17 juin, que les Européens voulaient aider à apaiser la situation en mer d’Oman.
Deux pétroliers – l’un japonais, l’autre norvégien – ont été pris pour cibles, jeudi 13 juin, un mois après le sabotage de quatre navires. Les États-Unis accusent l’Iran d'être derrière les attaques. L’UE a appelé à la retenue, le 14 juin, estimant que la région n’avait pas besoin d’être déstabilisée encore davantage.
« Une approche commune que tous les États membres ont exprimée est d’essayer de concentrer toutes nos actions, notre travail diplomatique pour essayer d’éviter une escalade (des tensions) et, en fait, aider à apaiser (la situation) », a-t-elle révélé, à l’issue du Conseil 'Affaires étrangères' à Luxembourg, sans donner plus de détails.
« Ce que nous ne voudrions pas voir est une escalade militaire dans la région », a-t-elle expliqué, appelant une nouvelle fois à la retenue maximale et au calme. Selon elle, la région a atteint « la limite du stress test ».
À leur arrivée au Conseil, les ministres avaient aussi fait part de leur préoccupation et appelé à une enquête sur l'attaque. Prudents, ils n’avaient pas voulu incriminer l’Iran, comme ont pu le faire les États-Unis.
« Si le secrétaire général des Nations Unies (Antonio Guterres) demande une enquête, je crois qu’il faut le suivre. Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit le suivre », a plaidé le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, ajoutant qu’il n’allait pas se lancer dans des hypothèses. Selon lui, « on ne peut pas dire qu’un tel ou un tel est responsable, sans le savoir avec certitude. »
« La tâche principale des ministres des Affaires étrangères est d’éviter la guerre », a-t-il ajouté, mettant en garde contre la répétition des faux pas diplomatiques qui ont conduit à l’invasion de l’Irak en 2003.
Pour le Letton Edgar Rinkevics, « il faut établir des faits avérés ». « Ayons d’abord tous les détails. Nous devons avoir toutes les preuves d’abord », a renchéri le ministre finlandais Pekka Haavisto, tout en précisant que s’il s’agissait d’une action « sponsorisée par un État », la situation serait « vraiment sérieuse ».
Le ministre roumain, Teodor Malescanu, a estimé que, si l’Iran était derrière l’attaque, cela pourrait affecter les relations entre le pays et l’UE, mais que, jusqu’à présent, l’Iran avait nié avoir un rôle dans ces attaques.
Seule la ministre adjointe britannique, Harriett Baldwin, a mis en cause l’Iran, estimant qu’il était « presque certain » que l’attaque des navires était une action iranienne. « Nous sommes prêts à assurer que cette voie maritime importante reste ouverte à la navigation internationale », avait-elle prévenu.
Mme Mogherini prudente sur les annonces iraniennes
Par ailleurs, interrogée sur l’annonce de l’Iran que ses réserves d'uranium enrichi dépasseraient, à partir du 27 juin, la limite prévue par l’accord sur le nucléaire, Mme Mogherini a précisé que l’UE ne se fondait pas sur des annonces, mais sur des faits et, donc, sur les rapports de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA). « Jusqu’à présent, l’Iran est toujours en conformité avec ses engagements et on espère qu’il va continuer (…) Si les rapports de l’AIEA devaient changer, nous évaluerons la situation », a-t-elle souligné. (Camille-Cerise Gessant)