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Bulletin Quotidien Europe N° 12265
CONSEIL EUROPÉEN / Alde

Pour les libéraux, le contenu du programme de travail est plus important que les personnes aux postes clés

Chez les libéraux européens, tous s’accordent à reconnaître que leur tête de liste, Margrethe Vestager, ferait une excellente présidente de la future Commission européenne, eu égard à sa compétence avérée comme actuelle commissaire à la Concurrence.

Mais les Premiers ministres et autres membres de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE) considéraient, mardi 28 mai, à Bruxelles, en amont du sommet européen informel post-élections européennes, qu’à ce stade, c’est le programme de travail et ses priorités qui doivent retenir l’attention des dirigeants européens, avant les personnes pour occuper les plus hauts postes. 

« Bien sûr, nous avons nos préférences, mais aujourd’hui, ce sont nos priorités qui importent, ce sur quoi nous allons nous concentrer, une liste de priorités comme le changement climatique, une économie plus forte, la migration, par exemple. Ce soir [hier soir, NDLR], la discussion portera sur le contenu. Le Conseil européen est l’organe qui décide de la stratégie. Ce n’est qu’ensuite que sera choisie la personne la plus apte à offrir un programme ciblé », a déclaré à la presse le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, négociateur pour son parti, avec son homologue belge, Charles Michel. Il s'exprimait à l'entame du 'présommet' des libéraux et démocrates pour l'Europe. Des règles budgétaires fortes sont également importantes, a reconnu M. Rutte en réponse à une question. 

Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, soutient « bien sûr » Margrethe Vestager, « une candidate très solide et compétente », mais il a considéré lui aussi que « le 'quoi' [le programme, NDLR] est plus important que le 'qui' ». 

Věra Jourová, commissaire européenne à la Justice et aux Consommateurs, est sur la même ligne : il faudrait d'abord s'entendre sur le contenu. Ensuite, devra être nommé « quelqu'un qui continuera à réaliser le programme, depuis la sécurité jusqu'à la prospérité ». Son collègue estonien, commissaire au Numérique, Andrus Ansip, peut également soutenir l'idée de Spitzenkandidat, mais s'est montré flexible. Il importe, selon lui, que le processus soit transparent et que cela débouche sur « la bonne personne au bon endroit ». Margrethe Vestager, « tout le monde l'a vue en action et tous reconnaissent qu'elle a fait un bon travail pour protéger les intérêts des citoyens au niveau international », a-t-il dit. 

Christian Lindner, président du FDP allemand, « soutient fermement » Mme Vestager, parce qu’elle est une « formidable tête de liste » et une « remarquable représentante des intérêts européens sur la scène internationale », mais reconnaît qu'elle ne sera pas nécessairement la présidente de la future Commission. 

Mme Vestager est aussi soutenue par sa collègue au Commerce, Cecilia Malmström, « parce qu’elle est la meilleure » et par la commissaire aux Transports, Violeta Bulc, également membre de l'Équipe Europe avec Mme Vestager (EUROPE 12219/3). 

Cette dernière a, pour sa part, jugé « très difficile » de faire le moindre pronostic. « Tout est totalement ouvert », a-t-elle déclaré. Celle pour qui la parité hommes/femmes à la Commission est très importante a estimé qu'« il y a des femmes parmi lesquelles choisir ». 

Le président du groupe ADLE au Parlement européen, Guy Verhofstadt, opposé au système des Spitzenkandidaten tant qu'il n'est pas incarné dans les listes transnationales (EUROPE 12265/2) a insisté sur la nouvelle position de force des libéraux pour peser dans les négociations. « Nous avons gagné quarante sièges. Notre priorité est fondée sur cette nouvelle donne, pour un accord fort » entre les partis proeuropéens qui pourront avoir une large majorité, a-t-il souligné. (Aminata Niang)

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